Le Glandeur

"Sensualiser le monde" — Poèmes, chroniques sur le genre et notes sur la guerre en cours dans et contre le désert partout présent

Tag: mer

Princesse de l’Est

Lorraine enneigée, © Fromveur

Il y a des pays si excentrés
Que le soleil, présent pourtant
Ne peut jamais vraiment baigner
De ses rayons aux dards brûlants
Les gens des ces pays lointains
Aux cheveux d’or et yeux océans
Qui parlent d’amour avec chagrin
Ont le corps beau et le teint blanc

J’ai rencontré, devant Septembre
La princesse des ces lieux glacés
Les yeux perdus dans une mer tendre
Où les amoureux viennent s’échouer
Septembre m’a dit : « prends garde à toi
Il y a des baisers qui sont poisons
Ils savent s’infiltrer, toujours courtois
Pour crocheter au cœur les émotions
Toi qui te crois plus fort que l’amour
Qui croque des lèvres en plein blizzard
N’oublie jamais qu’au petit jour
Ce sont les filles qui crient victoire »

Mais moi, je ne sais pas écouter
J’ai déployé mes grandes ailes d’anges
Et vers les cieux mon cœur j’ai envoyé
Décidé à goûter à de nouveaux mélanges

La princesse a les yeux tristes
Mais les doigts qui disent le chaud
Quand nos corps font du hors-piste
Enlacés à l’ombre de l’échafaud
Qu’importe alors les mers de glace
Au fond de son regard de ciel
Je saurai trouver assez de place
Pour faire de sa bouche couler le miel
Placé entre deux souvenirs douloureux
Mon corps est là, en plein présent
Je me collerais – jamais peureux –
Au sien pour tuer tous les néants.

Chansonnette à contre-courant

Qu’ils soient radeau ou frégate en majesté
Cargo solaire ou navire de guerre invaincu
Porte-avion aux armes toujours dressées
Voilier rouge et noir à l’indestructible cartahu
Qu’on les croise au tendre clair de lune
Ou parmi les nymphes océanes de Panopolis
Dans une dangereuse éruption de brumes
Ou au fond de la plus sombre des abysses
Ils me seront toujours insupportables
Ceux-là mêmes dont l’unique mission
Est de colporter, marchands d’égo infatigables
Leurs légendes au goût-poison de tourbillon

J’aurais beau m’enfuir et toujours voyager
Les océans jamais ne seront assez étendus
Pour contourner et encore une fois éviter
Ceux qui tempêtent plus haut que leur cul.

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