Le Glandeur

"Sensualiser le monde" — Poèmes, chroniques sur le genre et notes sur la guerre en cours dans et contre le désert partout présent

Tag: neige

ShortÉdition

Pour la deuxième fois je participais à un concours organisé par ShortÉdition. Et pour la deuxième fois, j’ai remporté le deuxième prix !

Un grand merci à vous tous qui avez voté pour mon texte !

Je continuerai sans doute à concourir pour de tels prix, en attendant n’hésitez pas à aller faire un tour sur le site ShÉ qui regorge de jolis mots.

— Mes textes primés sur ShÉ —
>> Blanche-Neige en automne 2011
>> Le Goût de Paris au printemps 2011

Encore une fois un merci adressé en particulier à Maud qui m’a fait découvrir ce sympathique site ! Et bravo à mes ex-compagnons cowbloguiens qui se débrouillent pas trop mal pour rafler eux aussi les mises (Axel, Tote, Autresrimes…).

Blanche-Neige

© L.A. SCOWEN. (Flickr)

Petite perle de pluie
Fille des neiges de l’Est
J’ôterai chacun de tes habits
Comme on écrit un manifeste
Comme on entre au couvent
Les deux mains bien serrées
Pour prier des heures durant
Quelque dieu ou ton corps parfait

Toi, princesse si blanche
Et moi loup aux bras marqués
Par les rayons qui tranchent
Du soleil des causses aveyronnais
Pour me protéger du solstice
Je viendrai à l’ombre de ton corps
Nos amours seront métisses
Si nos peaux se frottent encore

Blanche-Neige, fleur du froid
Demoiselle aux sourires virtuoses
Ta peau est une mer de soie
Sur laquelle mes mains se posent
Timides peut-être, brulantes c’est sûr
Et dessinant étoiles, feux, nébuleuses
Comètes et même célestes ophiures
Le long de tes courbes délicieuses

Mes lèvres s’en viennent pareil
Butiner les tiennes d’or carminé
Ta langue, danseuse bien réelle
Valse dans ma bouche émerveillée
Je ne sais même plus les mots
Pour dire tes doigts, pour dire ton rire
Un épiderme à donner un sens nouveau
À ce que « caresses » peut vouloir dire

Et mes mains, glissant encore
Sous ces bouts de tissus volants
Se demandent bien quels trésors
Peuvent cacher tes sous-vêtements
Fille des nuits de neige, dis-moi
De quelle matière tes seins sont faits
Seraient-ils petits abricots de soie
Ou bien joyeuses pommes à croquer ?

Princesse de l’Est

Lorraine enneigée, © Fromveur

Il y a des pays si excentrés
Que le soleil, présent pourtant
Ne peut jamais vraiment baigner
De ses rayons aux dards brûlants
Les gens des ces pays lointains
Aux cheveux d’or et yeux océans
Qui parlent d’amour avec chagrin
Ont le corps beau et le teint blanc

J’ai rencontré, devant Septembre
La princesse des ces lieux glacés
Les yeux perdus dans une mer tendre
Où les amoureux viennent s’échouer
Septembre m’a dit : « prends garde à toi
Il y a des baisers qui sont poisons
Ils savent s’infiltrer, toujours courtois
Pour crocheter au cœur les émotions
Toi qui te crois plus fort que l’amour
Qui croque des lèvres en plein blizzard
N’oublie jamais qu’au petit jour
Ce sont les filles qui crient victoire »

Mais moi, je ne sais pas écouter
J’ai déployé mes grandes ailes d’anges
Et vers les cieux mon cœur j’ai envoyé
Décidé à goûter à de nouveaux mélanges

La princesse a les yeux tristes
Mais les doigts qui disent le chaud
Quand nos corps font du hors-piste
Enlacés à l’ombre de l’échafaud
Qu’importe alors les mers de glace
Au fond de son regard de ciel
Je saurai trouver assez de place
Pour faire de sa bouche couler le miel
Placé entre deux souvenirs douloureux
Mon corps est là, en plein présent
Je me collerais – jamais peureux –
Au sien pour tuer tous les néants.

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