Rien que du vide
Il n’y a même plus de barricades
Sur les veines de mon myocarde
Ni ruisseau de pluie ni vive cascade
Pour me purger de cette humeur blafarde
Rien d’autre que ce vide partout
Pour se glisser dans chaque interstice
Combler de noir le moindre trou
Plus de faille d’espoir dans ma bâtisse
J’ai le cœur comme une ville désertée
C’est donc comme cela que tout finit ?
Sans vrai tristesse à vous briser
Ni crues de larmes dans la nuit
Je voudrais tant détruire le barrage
Qui bloque le flot de pluies salines
Mais la réserve vide du moindre orage
S’assèche et laisse nos amours orphelines
Où te caches-tu donc, dieu des foudres
Pour ainsi oublier mon corps affreux
Viens donc réduire mon être en poudre
D’un seul de tes éclairs fabuleux
Électrifier l’architecture de mes nerfs
Qui s’écroule sous le poids trop grand
D’une solitude aux accents sanguinaires
D’un vide d’elle, d’un nous noyé dans l’océan.