Masculinistes : deux tristes constatations

Basta! a interviewé Patrick Jean, le réalisateur du docu La Domination masculine. L’occasion de revenir une nouvelle fois sur le sujet des grues masculinistes qui ont fait parlé d’eux il y a quelques semaines.

Le cinéaste témoigne de son expérience au Québec où il avait pu s’entretenir de nombreuses et longues fois avec plusieurs membres de ces associations qui mènent une lutte ouvertement « anti-féministe ». Jean en profite pour faire une prédiction :

D’ici quelques semaines, on aura droit à d’autres sujets dans les médias, qui n’ont rien à voir. Le suicide des hommes par exemple, avec toutes sortes de chiffres très tendancieux, que les médias iront – je l’espère – cette fois vérifier. Après, ce sera l’échec scolaire des petits garçons, avec l’accusation d’un système scolaire pensé pour les petites filles et qui pénaliserait les petits garçons. Ils vont comme cela égrener les thématiques.

L’avenir lui donnera – malheureusement – raison, ou tort. En attendant, deux tristes constations suite à cet épisode.

1- Les journalistes ne font pas leur boulot.

En boucle, ce que l’on a pu entendre dans les médias c’est, en substance, « un père divorcé désespéré de ne pas voir ses enfants ». Aucune recherche sur ces messieurs qui pourtant – et il suffit de taper leur nom sur un moteur de recherche pour s’en rendre compte – ne sont pas n’importe qui : militants d’associations ouvertement misogynes et homophobes (SOS Papa et SVP Papa) et accusés voire condamnés pour des actes de violence.

Il a fallu que le premier de ces « grutiers » descende et participe très activement à la manifestation organisée par SVP Papa pour que les journalistes ressentent le malaise. Un mec qui garde en permanence trois téléphones portables pour répondre aux journalistes, qui grand-sourire fait le clown en tête du cortège, qui se prête volontiers aux micros des reporters en déblatérant un discours qu’on croirait appris par cœur, qui pose devant les flashs avec une forte mise en scène… Difficile de voir encore un mec « au bout du rouleau » comme cela a d’abord été dit. On voit surtout un mec très organisé pour faire parler de lui et, surtout, du « combat » de son asso. Et quand on voit la gueule du combat, on se dit qu’il n’est pas si noble que ça. Il y a bien eu aprés coup des articles pour condamner ces messieurs, mais c’était trop tard : la pub pour ces assos étaient déjà largement assurée.

Et quand SVP ou SOS Papa clament que « 80% des domiciliations sont remises aux mamans », les médias répètent également sans aucun recul critique. Oh les pauvres papas… Si les journalistes avaient fait leur boulot – c’est-à-dire vérifier leurs sources, comparer les données : ce que n’importe quel crétin doté d’une connexion Internet et d’un peu de temps peut faire – ils auraient vu que ce chiffre n’a absolument rien de scandaleux puisque EN ÉNORME MAJORITÉ les pères ne demandent pas la garde partagée de leurs enfants.

Encore une fois, les véritables infos sont venus des blogueurs, pas des journalistes qui ont mis trop de temps à réagir.

Ça, un père désespéré ? Un clown médiatique, oui. (© FRANK PERRY / AFP)

Ça, un père désespéré ? Un clown médiatique, oui. (photo © FRANK PERRY / AFP)

2- Le masculinisme est accepté sans vrai soucis par la société francaise

C’est peut-être cela le plus triste, finalement. Parce que bon : les journalistes sont des fainéants qui recopient les dépêches AFP sans même vérifier sur Google leurs propos, ça à la limite on le savait déjà. Mais que l’action de ces pères masculinistes ait autant d’écho, et si rapidement, ça fout les boules.

Je sais pas chez vous, mais autour de moi j’ai pu profiter de discours type « ah oui ces papas privés de leurs enfants c’est triste… le féminisme est allé trop loin… blablabla… » Mouais. Bof. Vraiment bof.

Comme le dit Patrick Jean, j’imagine mal la situation inverse : si une femme était montée sur une grue pour dénoncer les violences conjugales – bien réelles, cette fois – l’essor médiatique n’aurait pas été le même. Il n’y a guère que les Femen pour arriver à rendre visible les luttes féministes. (Et encore… Je mets de gros doutes à cette dernière affirmation tant on parle surtout des seins nus des militantes et peu du fond de leurs actions.)

Les grues masculinistes, une preuve de plus que la misogynie n’est pas seulement un point de vue mais plutôt un phénomène structural, implanté en profondeur dans la société française et les mentalités.

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2 Commentaires

Classé dans Sexes, genre, sexualités

2 réponses à “Masculinistes : deux tristes constatations

  1. marie66pignan

    En 2000, après 10 ans de mariage, je suis obligée de demander le divorce suite au comportement devenu intolérable de mon ex mari. Ma fille a alors un an. La résidence des enfants m’est confiée par la justice lors de l’audience de non conciliation.

    Le père des enfants est très riche et propriétaire d’un patrimoine important : le foyer est assujetti à l’ISF possède des titres de propriétés parisiennes intra muros et des justificatifs de revenus importants. Mon ex mari change 3 fois d’avocat en 4 mois et prend soudain comme avocat un membre médiatique de SOS Papa : un acharné de la garde alternée du SAP et de la mise à mort de la femme. Les deux hommes sont francs maçons.

    A partir de ce moment un scénario horrible va m’être donné à vivre. Je suis violentée par mon ex mari. La violence est telle que je suis forcée à 20 jours d’ITT. Je peux produire les certificats médicaux ainsi que d’autres attestations pour différentes agressions. Pour me contraindre à me taire sur certains faits, « on » me met des stupéfiants dans ma voiture et « on » produit de faux témoignages contre moi. « On » me calomnie également pour tenter de me discréditer afin de me retirer la garde des enfants auprès du JAF. On vide également mes comptes bancaires. Mon calvaire va durer 6 ans avant que le divorce soit prononcé définitivement en cour d’appel.

    Je dispose de tous les courriers et preuves de ce que j’avance !

    Au total, une dizaine de plaintes sont déposées pour coups et blessures, intimidations, menace de mort et calomnies. J’ai produits des témoignages qui attestent les faits, de la part de fonctionnaires, de médecins, etc … Souvent je me retrouve moi même accusée de ce dont je porte plainte.

    En 2002, le père enlève ma fille de 2 ans et l’emmène au Mexique et ce malgré une interdiction de sortie du territoire émanant du JAF. Odieux chantage du père : ma fille me sera rendue que si je me tais.

    TOUT est classé sans suite par le procureur que j’ai pourtant maintes fois alerté. Des hommes de mains sont payés pour me nuire, je porte plainte en vain et en vain. J’ai également porté plainte contre l’avocat de mon ex mari, très influent mais aussi fraternellement ami de mon ex.

    Je remarque que dans tous les courriers adressés à la justice par la partie adverse, les signatures à trois points étaient présentes (marque des franc maçons). De la même manière on retrouve des signatures à trois points lorsque mon ex mari est auditionné en gendarmerie. J’ai partagé mon inquiétude avec le procureur concernant ces marques franc maçonniques en lui adressant un courrier. Je me vois alors convoquée à la gendarmerie où on me produit mon courrier au procureur, retourné et on me fait comprendre que si je continue à insister dans ce sens, je n’aurai plus la garde de mes enfants : il fallait que je cesse de parler de franc maçonnerie !

    Durant tout ce temps, la procédure de divorce s’éternise.

    En 2006, malgré toutes les preuves évidentes de violence, l’enlèvement de ma fille, les plaintes déposées (et je ne vous ai pas TOUT raconté ici car peut être que des faits pénalement répréhensibles seront un jour étudié) je suis condamnée, à un divorce pour faute !

    Je me retrouve jetée à la rue avec mes enfants sans voiture. En effet, pendant la procédure de divorce, le domicile familial a été vendu par mon ex malgré le fait que ce domicile était protégé par un contrat.

    Le comble est que malgré sa fortune et ses revenus le père a obtenu l’aide juridictionnelle pendant les 6 ans de procédure. Cette aide a été mise en place par son avocat (celui de SOS Papa) alors que mon ex mari est multi millionnaire . J’ai alerté la justice et fourni les preuves de ce fait, mais rien n’y a fait !

    Dégoutée et anéantie, je me suis attachée à reconstruire ma vie car je n’avais plus rien de mes 10 ans précédent, qu’il avait vidé les comptes joints, qu’il ne payait pas la pension alimentaire. Il continuait à revendiquer la résidence des enfants. Je pensais n’avoir qu’à tourner la page et à encaisser de temps en temps un de ses multiples coups bas. J’ai tout recommencé à zéro, racheté une maison à crédit et me suis réinstallée dans une vie presque normale.

    En 2011, ce fou ressaisit la justice et me demande la somme avec laquelle j’ai, soi disant, acheté ma nouvelle maison. Mais JE L’AI ACHETÉ A CRÉDIT !!!

    Je décide voyant la tournure que cela prends de cesser de payer le crédit de ma maison. Je la laisse vendre aux enchères. Je jette l’éponge ! Je laisse la procédure du fou se faire et cette fois je suis sûre que la justice va se rendre compte que cet homme est un escroc. Un expert est nommé et dans son rapport il mentionne correctement que la maison est acheté a crédit. Contre toutes attentes, je suis condamnée à lui rembourser la maison malgré le rapport de l’expert agrée à la cour.

    En 2012, la plus jeune de mes enfants voit un psy chaque semaine depuis presque 1 an. En effet elle présente depuis 2 ans des troubles. Lorsque mon ex mari l’apprend, il ne me rend pas ma fille après son droit de visite qu’il exerce lors des vacances de l’été 2012. Naturellement, JE REPORTE PLAINTE. Je présente au procureur l’ensemble de mon histoire (les faits précédents de 2000, 2006 et 2011) en lui apportant toutes les pièces en ma possession (dont certaines « égarées » par la cour, au moment de l’audience , me sont revenues plus tard). Naïve, je croyais que le procureur allait comprendre l’énormité des faits à la lumière de cet historique édifiant et du personnage de mon ex mari. A nouveau, la plainte est classée sans suite !

    Novembre 2012, au bout de 6mois sans ma fille alors que j’en avais la résidence, je suis allée la récupérer sans l’aide de la justice. Elle est avec moi et je me remets peu à peu. Je vis toujours dans la crainte qu’il la fasse enlever à nouveau puisqu’il en a les moyens. J’avais écrit au juge pour enfant lors de la non présentation d’enfant. La justice n’a pris aucune mesure pour récupérer l’enfant. Le juge a ordonné une enquête pour la protection des mineures. Etrangement, c’est chez moi que l’enquêtrice vient en premier. Elle me questionne, je lui montre tous les doubles de mon histoire. Elle ne dit rien. Elle revient et ……. cela fait 5 mois et elle n’a toujours pas rencontré le père. Que répondre à ma fille lorsqu’elle me demande : « Pourquoi elle est toujours là ? » De plaignante et protectrice, je deviens l’objet d’enquête. L’enquête semble s’orienter à charge contre moi. Je devine la suite sans difficulté.

    Donc il est très riche, il est dangereux, il est franc maçon, il est conseillé par SOS Papa et je ne peux rien. J’ai tout perdu et plus rien à perdre ni à gagner.

    Je ne veux pas que cette histoire se reproduise pour d’autres personnes. Je montrerai l’entièreté de ce dossier à qui veut prendre la peine de s’y pencher. De plus ce dossier est détenu par une trentaine de fonctionnaires et d’autres amis qui ont suivi toute cette horrible histoire depuis le début.

    Encore un dernier mot à propos de SOS Papa

    Je sais que SOS Papa l’a entrainé au début dans ce scénario. L’avocat de mon ex était un chantre de la garde alternée, de la garde pour le père, du SAP (syndrome d’Aliénation Parental). Il en écrivait des livres, se montrait partout dans les médias. Il en va de même que dans l’affaire Devaux, ils se connaissent, tous les anciens fondateurs de SOS Papa. L’association est dangereuse, car je les ai alerté et n’ont rien fait.

    D’autres mamans ont subi les mêmes méthodes, en plus tout ce petit monde a des appuis politiques. Ils reçoivent des aides et des criminologues les conseillent ainsi ils arrivent toujours à retourner la situation à leur avantage.

    Pour la maman, les pires scénarios se passent quand le père a de l’argent et est récupéré par SOS Papa. Les autres pères moins riches sont leurs marionnettes et il les font monter aux grues.

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