Archives de Catégorie: Tics politiques

Parler du monde mais sans poésie, en sacrifiant aux énoncés tristes de l’actualité. Il faut bien s’y coller, parfois.

Adieu, code du travail

"Badinter remet son rapport sur le Code du travail au Premier ministre" le 25 janv 2016, © Force Ouvrière

« Badinter remet son rapport sur le Code du travail au Premier ministre » le 25 janv 2016, © Force Ouvrière

Suivant la stratégie du « Plus c’est gros, plus ça passe », le Gouvernement vient de faire connaître le nouveau projet de « réforme » du code du travail. (En novlangue 2016, réforme = destruction pure et simple.) Celui-ci n’est pas encore passé devant le Parlement. Les débats promettent d’être houleux et on espère que de nombreux amendements seront modifiés. Mais cette stratégie gouvernementale fonctionne bien en général : les éléments du projet de loi les plus immédiatement scandaleux sont retirés pour calmer l’opposition, et le reste de la loi passera. Si elle était passé telle quelle au départ, elle aurait pourtant fait scandale.

Stratégie de manipulation de base : demander énormément pour obtenir beaucoup. Comme le disent si bien les amis du Monde Diplo :

Le pouvoir excelle dans les manœuvres consistant à laisser fuiter les dispositions les plus folles pour ensuite accréditer l’idée que le pire a été évité. Ainsi il a laissé courir le bruit que les heures supplémentaires ne seraient plus rémunérées pour finalement décider un plancher obligatoire de 10 %. Tout le monde crie victoire alors que jusqu’à présent la norme était de 25 %.

En théorie, ce projet de loi ne conteste pas directement sur les 35h qui sont censées rester la référence. Sauf que les façons de les contourner pour le patronat sont tellement nombreuses qu’elles en deviennent une coquille vide. Si encore il n’y avait que ça. De nombreux posts sur le Web résume tout ce à quoi s’attaque ce projet de loi. Et c’est désespérant. On croirait presque une blague. Mais non. Malheureusement.

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Le site 20minutes s’est « amusé » (on rit jaune) à comparer le futur droit du travail français à ses équivalents étrangers. Il en ressort que le droit du travail anglais, pourtant pas vraiment connu pour protéger les salariés, sera finalement plus avantageux que celui français. En fait même le droit du travail en Chine sera meilleur pour les travailleurs sur certains points ! (Par exemple sur le paiement des heures supplémentaires.)

Le détricotage du code du travail n’est pas une lubie nouvelle. Déjà sous les gouvernements de l’ère Chirac, des gus comme Jean-Pierre Raffarin s’y attelaient activement. Citons aussi Dominique de Villepin et son offensive « Contrats de 1ère embauche ». D’ailleurs, à l’époque, Mister Hollande commentait sur Libération :

Vous avez fait du code du travail le bouc émissaire de votre incapacité à créer de l’emploi et fait de son démantèlement l’objet même de votre politique.

On pourrait lui renvoyer exactement les mêmes mots aujourd’hui. Sous Sarkozy, tout s’est un peu accéléré ; la venue au pouvoir d’un PS qui n’a, depuis longtemps déjà, plus rien à voir avec le socialisme, n’a rien arrangé. En fait c’est même sous la Gôche que l’offensive s’est faite plus radicale encore. Le dernier texte de Myriam El Khomri n’est donc que la dernière mouture d’un mouvement vieux de plusieurs années, qui travaille toute la classe politique.

Ce n’est pas rassurant. Les décideurs n’ont même plus à faire semblant et ils paradent sans gène auprès des responsables du Medef. Myriam El Khomri l’avouait elle-même dans un entretien aux Échos le 18 février dernier :

L’objectif est de s’adapter aux besoins des entreprises.

Par entreprises, il faut bien sur entendre instances dirigeantes des entreprises. Les salariés, qui risquent fort de voir leurs droits s’évanouir au soleil, ne comptent pour rien.

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L’abstention ne sauvera pas le monde (les élections non plus)

Le genre d'image qu'on trouve beaucoup sur le Net anarchiste. Ces cons ne perçoivent même pas le paradoxe de ce genre d'incitations : « Si tu ne fais pas comme moi, c'est que tu es un mouton ».

Le genre d’image qu’on trouve beaucoup sur le Net anarchiste. Ces couillons ne perçoivent même pas le paradoxe de ce genre d’incitations : « Si tu ne fais pas comme moi, c’est que tu es un mouton ».

C’est la nouvelle marotte à la mode. La pensée déjà pré-mâchée qu’il fait bon de ressortir à chaque discussion sur les élections à venir. Depuis le début de l’année 2012 et les élections présidentielles de l’époque, je vois monter cette idée, assortie de ces phrases toutes faites qu’on peut répéter sans même y croire vraiment. On peut la résumer comme ça : voter ne sert à rien. À quoi il faudrait ajouter : l’abstention, c’est refuser ce système.

Donc voilà, la jolie attitude du rebelle qui, voyez-vous, ne s’en laisse pas conter par les médias, qui ne va pas voter mais surtout qui le revendique. Il y en a même pour croire qu’une abstention massive ferait s’écrouler le système. Dans tous les cas : abstiens-toi et tu seras cool.

L’ironie, c’est que ma culture politique a été faite avec les anarchistes. Et chez les anars, cette idée que le vote est une compromission, et que l’abstention est le top du top de la rebellitude, on la retrouve au moins depuis 1885 et la célèbre lettre d’Élisée Reclus. Je trouvais déjà très faible niveau réflexion cette valorisation de l’abstention, mais à la limite je pouvais la comprendre quand elle n’était tenue que par des anars : ça avait au moins le mérite de faire entendre une voix discordante dans le grand tintouin des célébrations « démocratiques ». Ça aura pris du temps, mais maintenant elle s’est répandue bien au-delà des cercles libertaires. Du coup l’idée en 2015 a perdu de son aura subversive : elle est répétée par beaucoup de gens divers et variés.

Qu’on soit bien clair : je ne suis absolument pas dupe sur la « démocratie » made in France 5e République. J’avais déjà publié un long billet pour expliquer ma position, je ne vais pas revenir dessus. On peut juste résumer ça comme cela : si je ne suis pas sur que voter soit très utile, c’est évident que l’abstention ne sert à rien.

En quoi ça va faire écrouler le système ? On vit dans un pays où l’abstention est déjà majoritaire à chaque élection ! Est-ce que ça a changé quelque chose ? Est-ce que nos dirigeants, qui se disent « élus » (toujours par une minorité, donc), se sont retirés en disant : « Ah je ne suis plus représentatif, je démissionne ». Évidemment que non ! Évidemment que tous (qu’ils soient de gauche ou d’extrême-droite) ont continué à fanfaronner aux quatre vents sur leur prétendue « victoire démocratique ».

Bon, vous me direz, c’est normal que ces pourris ne veulent pas ouvrir les yeux. Leur carrière et leurs intérêts les pousse à faire continuer ce jeu de dupe. Mais les citoyens, alors ! Mais nous ! De voir cette supercherie électorale ainsi dévoilée aurait du provoquer quelque chose, je ne sais pas moi, mais un début de réaction au moins. Mais non. Même les abstentionnistes, si fiers de leur posture rebelle-cool, n’ont rien fait. Je suis le premier que ça énerve, mais il faut se rendre à l’évidence.

L’abstention ne sert à rien. L’abstention ne changera jamais rien. Parce que les votes blancs et nuls ne sont pas comptabilisés. Parce qu’une élection ne sera jamais invalidée même si seulement 10 électeur sur 100 se déplacent aux urnes. Parce que les abstentionnistes ne forment pas un groupe homogène, et qu’ils n’ont ni les moyens ni même l’envie de faire entendre leur refus de ce système (bien faiblement exprimé, de toute façon).

À l’inverse, en votant on a quand même une petite chance de porter au pouvoir les clowns les moins tristes du lot. Évidemment que voter ce n’est pas la panacée, et que ce n’est pas comme ça qu’on changera en profondeur les choses. Mais il s’agit de prendre les élections pour ce qu’elles sont : un moment de la démocratie. Les médias dominants, et toute une part des responsables politiques, voudraient faire croire que c’est là LE geste démocratique par excellence. On est d’accord, c’est du bullshit.

Alors non les élections ne changeront pas le monde. Mais sous prétexte que la clé du politique ne se cache pas dans les élections, il faudrait jeter le bébé avec l’eau du bain ? Voter n’est pas plus important que participer à une association ou militer, par exemple. Mais voter est un des moments du politique, et c’est un moment important : nos dirigeants ont beaucoup de pouvoir aujourd’hui et ce pouvoir, quoi que tu en dises, et toujours donné par les urnes. Que tu votes ou pas ne changera pas le fait que ce pouvoir existe. Mais tu peux choisir qui utilisera ce pouvoir.

Je vais conclure avec deux points :

  • le fait de voter n’oblige pas à cautionner tout ce que fait l’équipe élue par la suite ;

  • mais voter n’est pas suffisant pour remplacer le militantisme, quel qu’il soit, sur le terrain.

Alors faisons les deux !

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Écosse : leçons de démocratie

Vue sur Édimbourg, par Jesus Belzunce (Flickr)

Vue sur Édimbourg, par Jesus Belzunce (Flickr)

Les gens vivant en Écosse ont donc choisi de ne pas faire de ce pays un État indépendant. J’écris à dessein « gens vivant en Écosse », et non pas « Écossais », car c’est là, il me semble, la première leçon de démocratie de cette histoire.

Les organisateurs de ce référendum ont eu l’intelligence de baser le vote non pas sur des critères identitaires / nationalistes, mais sur l’ancrage concret des gens dans le quotidien du pays. L’idée était simple : toutes les personnes de plus de 16 ans vivant sur le territoire ont le droit de voter. Qu’ils soient Écossais, Anglais ou Hobbit ne change rien à l’affaire. C’est leur participation jour à jour dans la réalité du pays qui importe, et la dimension de nationalité est finalement assez secondaire.

Conséquence : les Anglais vivant en Écosse ont pu voter alors que les Écossais vivant hors d’Écosse ne l’ont pas pu. D’aucuns se sont offusqués de ce mode de fonctionnement qui a sans doute favorisé la victoire du « non ». Personnellement, je ne peux m’empêcher d’apprécier cette logique qui place à distance les questions identitaires pour se concentrer sur la question démocratique.

Car enfin, à partir du moment où l’on ne vit plus dans un pays, en quoi le fait d’y être né gratifie d’un quelconque droit à décider de la vie des gens qui y résident encore ? C’est évidemment une question rhétorique que je pose, car je répondrai : en rien. En rien car la politique – au sens de Politeia – renvoie à la structure et au fonctionnement de la vie en société ; cela concerne le commun. Les gens qui partagent ce commun sont les seuls concernés, les autres n’ont pas grand chose à y faire – et qu’ils soient nés sur place il y a quelque années n’est pas un argument.

Pour moi c’est une question logique de démocratie. La vie en collectivité se décide par les gens qui la vivent, tous les gens qui la vivent.

Pourtant, presque partout ailleurs ce n’est pas comme cela que ça fonctionne. En France en premier lieu. Les dits « Français de l’étranger » ont le droit de vote, même s’ils n’ont pas mis le pied sur le sol national depuis des années, alors que les étrangers vivant en France, qu’ils travaillent ou pas, sont privés de ce droit démocratique.

C’est donc la première leçon de démocratie de cette histoire, enseignée par l’Écosse. On a pourtant affaire à un peuple et un territoire avec une identité culturelle très marquée… mais qui a l’intelligence de ne pas réduire la question de l’indépendance à une bête question identitaire. C’est beaucoup plus intéressant que cela. Ils n’étaient pas en train de se demander : « Souhaitons-nous vivre entre nous ? », mais bien : « Quel modèle de société voulons-nous ? ». Alors, évidemment, le sentiment d’appartenance (d’un coté ou de l’autre) a fortement pesé sur la balance des choix individuels une fois devant l’urne. Mais grâce à ce mode de fonctionnement, ce référendum a été l’occasion d’un vrai débat politique et démocratique.

La deuxième leçon de démocratie, c’est le taux de participation de presque 90%. Preuve en est que si on leur propose un débat de qualité, avec une vraie alternative, les gens s’emparent de la question politique. Ils votent, et même plus que cela : ils en parlent, en débattent, encore et encore. Tous les commentateurs s’accordent pour dire que le pays entier discutait du référendum depuis plusieurs semaines. (Et ce n’est sans doute pas prêt de s’arrêter, parce que même avec le victoire du « non », quelque chose dans le pays est changé à jamais : c’est peut-être la naissance d’un nouvel imaginaire politique)

Prochain épisode : le référendum catalan, prévu pour début novembre. Cela risque d’être une tout autre histoire…

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La France et l’immigration

Jamaica airport immigration, © rickpilot_2000 (Flickr)

Jamaica airport immigration, © rickpilot_2000 (Flickr)

Rue89 publie un article sur le fantasme du « Grand Remplacement », idée de plus en plus en vogue dans les milieux d’extrème-droite. Ce fantasme, c’est l’idée que le peuple français (voire européen, dans certaines versions) est en phase d’être remplacé par des peuples d’origine étrangères, notamment en provenance d’Afrique. Et cela, évidemment, avec la complaisance de l’État et des élites du pays.

J’ai envie de profiter de cet article, et des pistes d’éléments qui y sont donnés, pour faire un petit point sur la réalité de l’immigration en France. Car, souvent, on entend du tout et – surtout – du n’importe quoi. L’idée ici est de simplement compiler des données, des faits, sans développer une opinion ou une prise de position.

Un immigré, c’est quoi ?

On ne se pose pas forcément la question et pourtant les chiffres diffèrent grandement selon la définition que l’on choisit d’adopter. Prenons trois exemples.

Pour l’ONU, un immigré est, simplement, une « personne née dans un autre pays que celui où elle réside ». L’INSEE, organisme de statistique national, a déjà une approche plus restrictive puisqu’au critique géographique est ajouté la mention de nationalité : est immigré « une personne née étrangère à l’étranger et résidant en France. » Enfin, le Haut Conseil à l’intégration définit l’immigré comme une « personne née étrangère à l’étranger et entrée en France en cette qualité en vue de s’établir sur le territoire français de façon durable. » Ce qui réduit encore le nombre de personnes classés comme immigrés. Ainsi, alors que l’ONU compte 11,1% d’immigrés en France, l’INSEE n’en voit que 8%.

Tout se complique alors si l’on considère qu’il y certes des immigrés, mais qu’il y a aussi des étrangers, et que ce n’est pas forcément la même chose. Ah bon ? Oui, et cette fois la définition est partagée internationalement : un étranger, dans notre cas, est « une personne qui réside en France et ne possède pas la nationalité française. » On peut donc être un immigré mais ne pas être un étranger car, depuis notre arrivée sur le sol français, on a obtenu la nationalité française.

Et les personnes d’origine étrangère alors ? Ah ! On les appelle aussi personnes issues de l’immigration. Cette notion, bien qu’utilisée très couramment dans les médias, est rarement définie avec précision. Ce sont les enfants de personnes immigrées, mais parfois on remonte jusqu’à la deuxième, voire troisième génération. Et parle-t-on des enfants dont les deux parents sont immigrés, ou suffit-il qu’un seul des deux le soit ? Ce point est important car en France les unions dites « mixtes » sont courantes.

Avec tout cela, on voit bien qu’il est extrêmement compliqué de compter combien de personnes l’immigration concerne directement ou indirectement. Tout dépend des critères de définition que l’on choisit. Mais on peut toujours essayer…

L’immigration, aujourd’hui, ca représente quoi en France ?

Pour cela, il nous faut maintenant distinguer le nombre d’immigrés qui sont rentrés récemment sur le territoire et ceux qui y sont déjà depuis de nombreuses années. Cette distinction est importante.

L’immigration…
— En terme d’entrées récentes, ça concerne environ 245 000 personnes, soit 0,4% de la population du pays. Ce qui est peu, et en dessous de la moyenne des pays de l’OCDE.
— En terme d’immigré résidant depuis longtemps en France, on l’a vu, on est entre 8 et 11% de la population selon la définition adoptée, ce qui nous fait grosso modo 7 millions de personnes. Ce qui place la France à la 6e place mondiale, derrière les États-Unis ou l’Allemagne mais devant le Royaume-Uni et l’Espagne.

La France est donc, aujourd’hui, un pays qui accueille relativement peu d’immigrés sur son territoire par rapport aux autres pays occidentaux, notamment européens. Cela peut s’expliquer par une donnée simple : la démographie. L’Allemagne, par exemple, est un pays où la population se renouvelle mal. Et qui donc a besoin de l’immigration pour ne pas perdre des habitants (ce qui est catastrophique à long terme selon la plupart des économistes), et qui donc tend plutôt à encourager la venue de nouvelles personnes. En France, ce problème de natalité se pose moins : on fait assez d’enfants, donc pas besoin de faire appel à des gens extérieurs. Ce qui explique pourquoi les frontières de la France, quoi que peuvent dire certains, sont plutôt davantage fermées qu’ailleurs.

Mais ce ne fut pas toujours le cas et, sans doute, vient de là ce fantasme du « Grand Remplacement ». Les droitistes avancent souvent l’idée qu’il y a plus de maghrébins aujourd’hui parmi les Français qu’auparavant. C’est vrai. Car, si l’immigration actuelle en France est en dessous de la moyenne européenne, l’immigration passée a été forte ! C’est-à-dire que, principalement dans les années 1960 et 70, on a fait venir un grand nombre de personnes pour alimenter l’économie du pays. Et, aussi, pour des raisons démographiques (après chaque guerre mondiale, la France a fait venir beaucoup de personnes).

Ces immigrés, naturalisés ou pas, sont donc là depuis plus de 50 ans pour certains. C’est une population hétérogène et dynamique qui a fait des enfants et gagné en espérance de vie. Aujourd’hui l’INSEE estime à 6,7 millions le nombre de personnes immigrées ou descendants directs d’immigrés (par au moins un des parents), et environ 26,6% des 25-54 ans seraient dans ce cas.

On a donc une double spécificité française :
– une immigration plutôt plus ancienne qu’ailleurs, ce qui explique un grand nombre de descendants d’immigrés, directs ou indirects, dans la population,
– et une immigration actuelle faible par rapport aux autres pays de l’OCDE.

Et la fameuse « intégration » ?

Dans l’ensemble, les immigrés et leurs descendants sont plutôt très bien intégrés. En témoigne un taux de mariage mixte parmi les plus forts d’Europe (mariage mixte = union de deux personnes de nationalités différentes) et un alignement très rapide du taux de fécondité des familles immigrées sur les familles françaises.

89% d’entre-eux disent se sentir « chez eux » en France (contre 94% de l’ensemble de la population) mais près d’un descendant d’immigré sur deux regrette qu' »on ne les voit pas comme des Français ».

Au niveau travail, les descendants d’immigrés connaissent beaucoup de difficultés à accéder aux emplois les plus qualifiés. Mais ce n’est pas vraiment une spécificité des descendants d’immigrés. En fait ces derniers s’intègrent souvent dans les classes sociales les plus dominées, au sein des travailleurs précaires et peu qualifiées. Ils en partagent l’essentiel des caractéristiques.

Il en reste que le niveau médian de vie des immigrés est inférieur de 30% au niveau de vie médian en France.

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Le FN, Athènes et l’abstention

"Little black spots", Athènes, © Éole Wind (Flickr)

« Little black spots », Athènes, © Éole Wind (Flickr)

À chaque élection, c’est la même rengaine dans les médias. On fait d’abord mine de s’émouvoir du faible taux de participation aux urnes pour, finalement, ne pas prendre en compte ce taux d’abstention, aussi important soit-il, dans les calculs de pourcentage.

Ainsi entend-on répéter partout que le FN a fait un score de 25% aux dernières élections européennes. C’est faux. Seuls 42,5% des électeurs se sont exprimés hier en déposant un bulletin dans l’urne. Le FN n’a fait que 24,85% de ces 42,5%. Il n’a donc recueilli, au final, que 10,56% des voix des électeurs. (Et encore ce chiffre ne prend en compte ni les votes blancs, ni les bulletins nuls, ni tous les gens qui, par choix ou par contrainte, ne sont pas inscrit sur les listes électorales alors qu’ils sont en âge de voter.)

Les "vrais" résultats ressemblent à ça… Image empruntée à http://semaphores.info/

Les « vrais » résultats ressemblent à ça… Image empruntée à http://semaphores.info/

Je dis « que » mais on est d’accord sur le fait que c’est déjà beaucoup trop. Peut-être faut-il quand même relativiser la crainte qui peut naitre face à ces résultats ? En fait le FN est très loin d’être majoritaire en France, et il a même perdu des voix depuis les élections présidentielles de 2012.

2012 : FN 18% = 6.421.426 bulletins
2014 : FN 25% = 4.500.000 bulletins
Perte réelle = 2 millions

Ce qui fait la différence de ces européennes par rapport aux présidentielles, c’est que l’abstention a monté en flèche, et que les électeurs d’extrême-droite sont apparemment restés un peu plus mobilisés que les autres. Pour autant, on se gardera bien des analyses débiles disant que les abstentionnistes permettent au FN de gagner. « Le FN passe quand leur idées nauséabondes sont déjà bien ancrées dans les têtes », comme disait un blogueur. Je me console un peu en voyant que, dans ma commune, c’est José Bové qui est arrivé en tête. Le monde n’est pas pourri partout pareil.

À chaque élection, c’est la même rengaine dans ma tête. Je me pose des questions sur l’abstention. Il y a deux ans j’avais déjà écris un article qui récapitulait mes réflexions sur le sujet. Il me semble que c’est toujours d’actualité.

D’abord, comment est-ce possible que, dans un système qui se dit « démocratique », une élection puisse être considérée comme valide alors que près de 6 personnes sur 10 a choisit de ne pas voter ?

Le concept de démocratie inventé par les Athéniens il y a 2500 ans n’avait rien à voir avec ce que l’on connait aujourd’hui en Occident. Eux cherchaient à éviter la formation d’une élite qui fasse du politique une profession et, surtout, s’organisaient pour que jamais le « pouvoir du peuple » ne se transforme à un « pouvoir sur le peuple« . Aujourd’hui, les personnes politiques sont devenus plus importantes que les projets politiques – qui brillent par leur absence, y compris au FN ; et ce qu’on considère comme l’acte politique le plus important consiste à glisser un papier dans une boite une fois de temps en temps. On élit des gens à propos desquels on ne sait rien, sur lesquels on a aucune garantie, aucune possibilité de contrôle.

La moindre des choses dans une démocratie serait d’organiser la révocabilité des élus en cas de non-respect du programme pour lesquels ils sont élus. Et, ce n’est pas négligeable, de ne considérer un représentant « légitime » que s’il obtient une majorité absolue des voix. Et 10%, comme a obtenu le FN ce weekend, c’est très loin d’être suffisant. Pareil pour le président en place qui est, selon les derniers sondages, à peine à 18% de popularité.

Cela suppose au moins deux choses :
– ne pas fonder la vie politique sur la compétition/consommation des personnalités mais sur le débat des idées ;
– ne pas organiser le pays en pyramide mais partir de la base pour aller vers le haut, et donc se rappeler que la seule vraie démocratie est locale, communale – une sorte de fédéralisme à la Proudhon.

Ensuite, quelle est la pertinence stratégique de l’abstention ?

Du coté des sociaux-démocrates, on accuse les abstentionnistes d’être responsables du score de l’extrême-droite. Du coté des anars initialement, et d’une frange de plus en plus importante de la population finalement, on valorise l’abstention sur un mode mi-cynique mi-rebelle en disant, en somme : voter ne changera jamais les choses alors qu’une abstention massive fera s’écrouler le système, de toute façon les clés du politiques sont ailleurs, donc abstiens toi et tu seras cool.

Double bullshit.

Je suis tout à fait d’accord pour dire qu’on ne fera pas la révolution en votant, ni en militant dans des orgas classiques de la politique d’ailleurs – et dans les « classiques » je comprends aussi les anars. Perso j’ai l’impression d’avoir rencontré bien plus de vraies attitudes révolutionnaires dans le mouvement associatif, notamment écolo (les Colibris par exemple sont un foyer riche de personnes géniales), que chez les militants. Pour une raison simple : les militants sont tellement persuadés de se battre pour la bonne cause, d’être les gentils de l’histoire, qu’ils ont du mal à remettre en cause leurs pratiques. Du coup, les milieux d’extrême gauche sont remplis de sexistes, racistes, gros cons plus ou moins refoulés à l’égo en quête de reconnaissance.

Bref, je suis d’accord avec cela mais je ne vois pas en quoi ne pas voter fais avancer le schmilblick. Surtout dans un monde où l’abstention, même ultra majoritaire, n’invalide pas une élection, et où les responsables politiques, qu’ils soient PS, UMP ou FN (on l’a vu ce weekend), se flatte de représenter le peuple dans son ensemble quand à peine un couillon sur dix s’est prononcé pour eux. L’abstention fera s’écrouler le système, donc ? C’est un peu court comme analyse. Et, surtout, c’est faire un pari dangereux puisqu’on voit bien qu’au final ce sont les pensées mortifères des droites qui gagnent en visibilité dans cette histoire.

Si le vote ne sert sans doute pas à grand chose, il me semble que l’abstention, dans l’état actuel des choses, ne sert clairement à rien.

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Le Vote : quelques réflexions

démocratie mon cul

Voter. Pour un bonhomme comme moi qui a toujours erré à proximité des pensées anarchistes, la question du vote est assez problématique. En effet, pour nous autres libertaires peu amateurs de cette « démocratie » telle qu’elle s’exerce en 2012, il y a, en amont de cette sempiternelle prise de tête « pour qui ? », l’importance du « pourquoi ? ».

Sur les cartes d’électeur il est inscrit : « Voter est un droit, c’est aussi un devoir civique ». En France, ce n’est un devoir qu’au sens moral, et personne ne risque de sanction pour ne pas avoir été voter (contrairement en Australie ou au Luxembourg, par exemple). Quand on parle de « droit », c’est pour rappeler que cette situation de pouvoir choisir entre plusieurs dirigeants n’a pas toujours été une évidence, qu’il a fallu plusieurs révolutions pour cela – et plusieurs massacres ! –, que pour les femmes c’est un droit encore plus récent (1944), et je ne parle même pas des moins de 21 ans (1974).

Les discours moralisateurs font toujours chier, et qu’on me dise qu’en ne votant pas j’insulte la mémoire de ceux qui ce sont battus pour ce droit est assez pitoyable. La « démocratie », j’aime bien le concept. Ça me plait bien « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » (comme disait Lincoln). Mais qu’on la mette en place ! Quand les Athéniens inventent le mot et expérimentent le régime politique au VIe av. J.-C., cela n’a pas grand chose à voir avec ce que l’on connait actuellement ! Eux c’était plutôt : démocratie directe et tirage au sort. L’idée c’est de rendre impossible la création d’une certaine élite politique – les partis par exemple –, que jamais la gestion de la cité ne devienne l’affaire de professionnels. Du coup, la démocratie ne peut avoir de sens qu’à échelle réduite. (À ce sujet, voir les conférences de Chouard.) Bien plus tard, Rousseau pensera dans la même logique : pour lui, dès qu’un peuple se dote de représentants, il cesse d’être démocratique.

Aujourd’hui non seulement on est dans un espèce de culte des représentants – y’a qu’à voir tout le blabla médiatique provoqué par la présidentielle –, si bien qu’on ne parle plus du politique mais de la politique –, mais en plus ces « représentants » ne représentent plus grand chose si ce n’est les intérêts des gros groupes financiers.

Et les choses empirent. On en était déjà là : en France les deux principaux partis ont grosso modo la même idéologie, défendent les mêmes logiques socio-économiques. Du coup il n’est pas étonnant de voir que, pour 2012, UMP comme PS choisissent comme points centraux de leurs programmes austérité et sécurité. Certes ! depuis quelques temps l’UMP se teinte aussi d’un discours anti-immigration piqué au FN, mais c’est une autre histoire. [Encore que je suis mauvaise langue parce qu’il y a eu des trucs intéressants (du point de vue d’un mec de gauche) à observer ces derniers mois. Le phénomène Montebourg aux primaires PS par exemple (enfin un socialiste au Parti Socialiste : événement ! On n’y croyait plus.). Ou le fait que Mélenchon grimpe dans les intentions de votes et arrive à réunir jusqu’à 9 000 personnes pour plusieurs de ses meetings. Mais aussi : que Sarkozy lui-même se mette à défendre une sorte de Taxe Tobin, jusqu’alors plutôt portée par des orgas altermondialistes ; qu’on parle de plus en plus du « revenu de base », inconditionnel et garanti à tous de la naissance à la mort (en France ce sont un peu étrangement Boutin et Villepin qui se sont retrouvés à défendre ça, mais en Allemagne le Parti Pirate – qui a un écho bien plus important que les droitiers précédemment cités – l’a adopté dans son programme).]

Bref, on en était là, un système qui permet certes de choisir mais qui propose entre quelques projets de sociétés très très proches. Aujourd’hui c’est pire parce que les dirigeants ne se cachent même plus pour bafouer les lois les plus élémentaires de la démocratie. Des exemples ? Sarkozy faisant adopter le Traité européen alors même que celui-ci avait été rejeté par référendum quelques mois plus tôt. Les technocrates placés à la tête de gouvernement, à la place des élus du peuple (#Grèce #Italie) ou le fait que le référendum voulue à la base par Papandréou soit qualifiée de « populiste » par les instances européennes et, devant les pressions, finalement annulé. Et donc le plan de super-austérité imposé de force.

Mais en fait ce n’est même pas tellement pour cela que je ne suis pas un fan du vote. Certes les élections sont un spectacle de clowns tristes. Mais il y a des clowns bien pires que d’autres.

Où se cache donc le politique ?

J’ai du mal à me convaincre qu’il résultera vraiment quelque chose de ces élections. D’une part, je doute beaucoup quand au fait qu’un gouvernement ou une assemblée puisse représenter réellement un peuple de plus de 60 millions d’habitants. Par exemple parce que : en juin 1968, juste après un des événements les plus furieusement libertaires qu’est connu notre vieille France, qui gagne les élections législatives ? La droite, qu’est plutôt du genre réactionnaire. Donc bon. Puis il y a autre chose : même en imaginant que le futur président et son gouvernement aient les intentions les plus louables pour les petites gens (on peut toujours rêver, hein), est-ce qu’un schéma autoritaire, où les décisions vont du haut vers le bas, peut produire quelque chose de bon ? (C’est une vrai question.)

Je crois en la démocratie directe. Aux gens qui s’organisent entre eux, à la base, pour recréer des liens entre eux, entre eux et le monde. Je crois en l’autogestion collective de nos vies. Se bricoler des rêves ensemble et tout faire pour les expérimenter dans le concret, dans le présent passionnément vécu. Bien sûr que ça fait des différences si Sarkozy ou Mélenchon est président. Le premier n’a pas peur de faire appel au GIGN pour déloger des grévistes, le deuxième essaye de populariser la « démocratie participative » – et c’est quand même pas la même vision de l’humain derrière tout ça. J’avoue que je me sentirais plus à l’aise avec le deuxième de ces gus aux commandes. Il n’empêche : je n’arrive vraiment pas à me figurer que glisser un petit bout de papier dans une urne soit un acte davantage politique que, par exemple, s’organiser en groupe pour pouvoir se passer des supermarchés – si je choisis celui là (d’exemple), c’est parce qu’avec les glandeurs de ma coloc-maison on développe un projet pour bouffer bio et local en se fournissant directement chez les paysans du coin.

Anarchistes dogmatiques

Tout cela, c’est bien beau. Je vous ai donc expliqué pourquoi j’avais du mal à trouver de l’intérêt, ou même de la pertinence finalement, dans le vote. Mais, pour ne pas voter, encore faudrait-il qu’il y ait davantage d’intérêt – et de pertinence – à ne pas voter !

Étant contre toute délégation de pouvoir, les anars ont des réponses toutes prêtes à ce genre de questions. « Voter, c’est abdiquer » par exemple. L’idée, assez bien résumée par Marcuse, est celle-ci : « Le fait de pouvoir élire librement des maîtres ne supprime ni les maîtres ni les esclaves. » C’est pas forcément con comme idée, ce n’est même pas con du tout. Ça appelle à un véritable dépassement de la démocratie représentative. Mais la dérive, largement partagée chez les libertaires, c’est de dire « Tu votes donc t’es un bouffon qu’a rien compris ». Façon dogme.

Si encore le vote blanc ou l’abstention était reconnue, et qu’ainsi une élection soit invalidée si aucun des candidats ne dépassait le taux d’abstention. Mais ce n’est pas du tout le cas. L’exemple le plus spectaculaire est celui des élections européennes de 2009. Plus de 40% d’abstention dans toute l’Europe. (Et encore, il faudrait prendre en compte que ce chiffre est artificiellement gonflé par les pays où le vote est obligatoire. Et qu’on compte également tous ceux qui, par choix ou par contrainte, ne sont pas inscrits sur les listes électorales alors qu’ils sont en âge de voter – soit 40 millions de personnes environ. Et qu’on compte aussi tous les votes blancs.) Rapportons tout ça en France. L’UMP, qui avait alors « gagné » les élections, n’avait fait que 10,8% selon les statistiques officielles. Un électeur sur dix, même pas si on veut compter de façon un peu honnête : on est très loin du compte. Ça n’a empêché aucun leader de fanfaronner.

Du coup, pour résumer : Je suis plus que sceptique quand à l’utilité et la pertinence de voter, mais je suis encore plus sceptique quand à la pertinence et l’utilité de ne pas voter. Donc : votons. Mais comment ? Vote utile ou vote sans concession ? Le tout est de réfléchir stratégies.

© Mathieu Colloghan

Stratégies, donc

La mode depuis quelques élections, c’est le « vote utile ». Ça veut dire quoi ? Ça veut dire voter pour un des deux partis qui se partagent déjà le pouvoir depuis l’instauration de la Ve République – PS et UMP.

Il faudrait déjà définir ce que l’on entend par utile. Utile pour qui ? pour quoi ? Si notre objectif est de virer Sarkozy et sa clique de l’Élysée, il faut réfléchir à qui a la meilleure chance de le battre. Hollande ? Ce n’est même plus sûr. Certes ! les sondages le donnent favori. Mais les sondages se trompent souvent. Ils sont de toute façon testés sur si peu de personnes (Ifop par exemple se sert de moins de 1000 sondés) qu’ils ne veulent pas dire grand chose. Quand on compare les résultats des sondages avec quelques autres faits, on constate des étrangetés. Par exemple le fait que Mélenchon arrive à remplir des salles de 9 000 personnes (c’est-à-dire quasiment autant que Hollande) alors qu’il est bien plus bas dans les sondages et qu’il ne bénéficie pas du tout de la même couverture médiatique. Ou que le FN, plutôt haut dans les sondages pour une grosse élection comme la présidentielle, n’arrive presque jamais à gagner de petites élections comme les municipales (zéro maire en ce moment je crois, chiffres durs à trouver…). Alors, sur quel « cheval » se baser ? Qui sera capable de jouer les héros contre Sarkozy ? Hollande, Mélenchon, Le Pen ou même Bayrou ? Bien hasardeux métier que celui de pronostiqueur politique !

Plutôt que de changer de président, on peut vouloir – plus fondamentalement – changer de politique socio-économique (soit : arrêter d’être dans une logique libérale). Hollande n’a dans ce cas pas grande chance de constituer un « vote utile », lui qui défend l’austérité, qui ne compte pas revenir sur les massives suppressions de poste dans l’Éducation nationale opérées sous Sarkozy ou qui n’est jamais très clair quand il s’agit de s’opposer aux mesures ultra-libérales prônées par le couple Sarko-Merkel (exemple actuel : le MES).

Une fois Hollande écarté, il reste :
– Bayrou, qu’on peut rayer aussi pour les mêmes raisons (le « centre » a de toute façon toujours été à droite) ;
– Le Pen, ni vraiment libéral ni vraiment socialiste mais plutôt de l’ordre du… grand n’importe quoi. Le programme économique du FN, on dirait un peu qu’il a été écrit par un gamin de quatre ans. Du genre : « -Vous proposez quoi ? -On veut sortir de la zone euro ! -Comment mettrez-vous cela en place ? -Heu, on a qu’à dire que 1 nouveau franc = 1 euro et puis voilà ! » (même le Medef s’était senti obligé de pondre un texte pour expliquer que le FN n’était pas libéral mais « anti-économique ») ;
– Joly, qui, avec son passé de juge d’instruction luttant contre la finance pourrie et ses discours mêlant écologie et antilibéralisme, m’est plutôt sympathique mais qui évolue au sein d’un parti étrange (parce que comptant à la fois des ultra-libéraux comme Cohn-Bendit et des altermondialistes comme Bové), spécialiste des coups dans le dos ;
– Poutou, ou Arthaud, qui ont des discours plutôt intéressants (surtout le premier des deux candidats) mais qui se retrouvent isolé du fait des conduites et des choix passés de leurs partis respectifs ;
– Mélenchon.

Lui, j’l’aime bien. Si je vais voter ça sera pour lui. Parce que « utile » je le conçois seulement comme utile à mes intérêts de classe, moi qui fais partie – comme tant d’autres – de ce nouveau prolétariat que constituent les « précaires ». Et puis : pour une fois qu’il y a un candidat vraiment socialiste, de gauche, qui a l’air sincère quand il parle de casser la logique libérale, de « replacer l’humain au centre des priorités » et qui, surtout, a des chances d’être élu… Profitons en !

(Mais n’oubliez pas : le politique, le changement, ça passe d’abord pas vous. Il n’y aura jamais de sauveur qui viendra des urnes.)

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