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Il y a autant de bonnes raisons d’être végétarien que de manières de le devenir

Photo: Gunnar Magnusson - Root Vegetables

Photo: Gunnar Magnusson – Root Vegetables

Quand tu commences à te rapprocher du végétarisme et à adapter tes habitudes alimentaires en conséquence, il y a toujours plein de personnes pour pointer du doigt telle ou telle de tes actions qui ne serait pas cohérente avec ton engagement.

Cette critique trop de fois entendues, « En fait tu n’es pas vraiment végé », n’est sans doute pas propre au végétarisme. Je sais qu’il se passe un peu la même chose dans le féminisme et l’anarchisme. C’est sans doute le cas dans tous les mouvements militants. Dès que tu t’engages dans quelque chose, il y a toujours des gens pour t’expliquer que tu ne t’engages pas bien, et comment il faudrait faire pour être vraiment un bon militant.

C’est insupportable. D’une part parce que je trouve ça sacrément gonflé venant de personnes qui, elles, ne font rien pour respecter les principes qu’elles te reprochent pourtant de malmener. D’autre part parce que – et je crois que c’est un point important qu’il faut souvent rappeler – le végétarisme n’est pas une religion (ni le féminisme, ni l’anarchisme, etc.). C’est un engagement éthique et/ou politique et/ou nutritionnel qui peut répondre à différentes motivations. Du coup, la recherche de « pureté » n’a rien à faire là ! Ce n’est pas grave de ne pas être 100% végétarien, personne ne va bruler en enfer à la fin. En fait, entre être et ne pas être végétarien, il y a plein de degrés qui sont tous très intéressants. Chacun fait comme il veut / peut.

En plus, en fonction de la motivation qui te fait te rapprocher du végétarisme, les choix que tu vas faire en priorité dans tes habitudes alimentaires vont varier. Petit tour d’horizon des 4 principales (et excellentes) raisons qui peuvent mener à souhaiter manger moins d’animaux, et de ce que cela peut impliquer en terme de premiers réflexes alimentaires.

  1. Pour réduire son impact écologique sur la planète

Le cout écologique de la consommation de viande est abondamment documenté. Il est si important que, de plus en plus, on trouve des analyses prévoyant que d’ici quelques décennies un régime végétarien ou quasi-végétarien deviendra la seule option viable pour l’avenir de la planète. (En fait, des millions de personnes dans le monde ont déjà un régime quasi végétarien. Seuls les pays occidentaux et les pays émergents peuvent se permettre de surconsommer de la viande. Et encore, c’est un phénomène récent : avant la 2nde Guerre Mondiale, la plupart des familles françaises ne mangeaient un plat de viande que le dimanche.)

Cette surconsommation de viande est une véritable catastrophe écologique pour plusieurs raisons. L’élevage est à la fois très « gourmand » en eau, en surface terrestre et en énergie. En fait, 70% de l’eau mondiale est utilisée par l’agriculture, et 60% des céréales produites dans le monde sont consommées par des animaux. Et cela ne va pas en s’améliorant : de plus en plus de forêts sont défrichées, surtout dans les zones tropicales (et la France, grosse exportatrice de viande brésilienne, participe donc à la déforestation de l’Amazonie). De plus, près d’un quart des gaz à effets de serre proviennent de l’agriculture (en bonne part à cause de l’élevage). À cela il faut ajouter dégradation des sols, pollution des nappes phréatiques et destruction de la biodiversité à cause des défrichements.

Et comme le système agroalimentaire est bien fait, il y a environ 30% de la nourriture ainsi produite (estimation basse) qui ne verra jamais une assiette… mais qui finit jetée, décomposée ou mangée par les parasites, quand elle n’est pas perdue lors du transport ou du stockage.

Pour réduire son impact écologique sur la planète, beaucoup font donc le choix de réduire leur consommation de viande. Comme c’est l’élevage de bovins qui est le plus gros pollueur, et le plus gourmand en eau, surface et énergie, il est logique d’arrêter en premier de consommer de la viande rouge. Certains peuvent aussi faire le choix de ne manger que du poisson.

  1. pour refuser l’exploitation agricole des pays pauvres

Je l’ai déjà dit : l’élevage demande énormément de terres agricoles. Avec un demi hectare de terres cultivables, on peut produire 10 000 kg de pommes de terre… ou bien 70 kg de viande de boeuf. Logique quand on sait qu’il faut minimum 7 kg de céréales pour produire 1 kg de viande rouge.

Plusieurs pays cultivent des céréales qui seront utilisées pour nourrir des animaux. Animaux tués et exportés ensuite en direction des marchés de viande mondiaux. Le Brésil est champion à ce jeu là… tout comme à celui de la déforestation. Toutes ces cultures ne profitent donc pas directement aux populations locales. Les multinationales se font de l’argent sur leur travail. Les locaux peuvent même connaitre des problèmes alimentaires. En plus de souffrir des difficiles conditions de travail, ce sont eux qui subissent l’action nocive des pesticides et ont des problèmes de santé.

Là encore, si l’on souhaite arrêter de cautionner cet état de fait par sa consommation alimentaire, on va, en priorité, ne plus manger de la viande de boeuf.

  1. pour prendre soin de sa santé

On croit souvent que les végétariens s’exposent à des risques de carence parce qu’ils ne mangent plus de viande. Et en premier lieu, à celui d’une carence de protéines. Je le dit clairement : c’est un mythe. On trouve des protéines végétales dans de multiples sources : les céréales (riz, blé), les légumineuses (lentilles, haricots), le soja, les fruits oléagineux (amandes, noisettes) ainsi que certaines graines. Il y a également des protéines animales dans les œufs. En fait même dans un régime omnivore classique seulement 18% des protéines ingérées viennent de la consommation de viandes. C’est donc très rare d’être en carence de protéines – même en étant végétarien, même en étant végétalien !

L’excès de protéines est par contre un problème beaucoup plus courant. Petite anecdote personnelle : quand j’ai commencé à réduire de façon importante ma conso de viande, j’ai eu quelques problèmes de santé assez bénins mais impressionnants. Après analyses, j’ai appris qu’ils avaient pour cause… une surconsommation de protéines. J’avais fait l’erreur, apparemment courante, des végétariens débutants : compenser l’arrét de la viande par beaucoup d’œufs et de soja. Ce n’était pas la peine, et c’était même nocif. La surconsommation de protéines (très courant chez ceux mangeant de la viande au quotidien) peut causer des maladies cardio-vasculaires, de l’ostéoporose, des déficiences rénales…

La plupart du temps, commencer un régime végétarien s’accompagne d’une curiosité à l’égard de nouvelles catégories d’aliments. Pour ma part j’ai beaucoup plus de connaissances depuis que je fais attention à ce que je mange. Je sais par exemple ce que sont les oléagineux et les légumineuses, et comment il faut faire pour avoir un repas équilibré. À l’inverse, les prétendus « omnivores » mangent rarement de tout et ne consomment pas assez de légumes, beaucoup trop rarement des légumineuses, et en trop grande quantité des protéines animales. En bref, être végétarien ça veut aussi dire adopter un mode d’alimentation plus sain.

Ne plus manger de viande a un autre intérêt pour la santé : on arrête également d’absorber les médicaments dont les animaux issus de l’élevage intensif sont gavés. Dans son livre-enquête, Jonathan Safran Foer explique bien comment, à force de faire croiser les animaux et créer des races de plus en plus artificielles, on a mis au point des poulets très rapidement obèses, incapables de marcher comme de se reproduire sans assistance humaine, et tout le temps malades. La suconcentration des bêtes entassées dans des hangars est aussi un vecteur d’épidémie. Mais l’industrie a depuis longtemps compris qu’entretenir des animaux sains est beaucoup moins rentable qu’organiser la gestion de bêtes tout le temps malades.

Les animaux les plus gavés de médicaments étant la volaille et les poissons d’élevage (saumons, truites), le premier réflexe peut-être d’arréter d’en consommer, comme l’on peut en général réduire le nombre de repas carnés que l’on fait par semaine pour équilibrer ses apports de protéines, et varier en apportant d’autres catégories d’aliments.

  1. pour ne pas cautionner l’exploitation de la souffrance animale

Aux États-Unis, 99% de la viande de volaille est produite de façon industrielle. La situation n’est pas si critique en France où de petites fermes de proximité existent encore. Mais pour les trouver, il faut sortir du sentier des grandes surfaces et aller vers les Amaps, les Ruches ou tout autre circuit court.

Même en France, l’énorme majorité de la viande consommée provient donc d’exploitations de type industrielles. Elle est régulièrement importée de l’autre bout du monde – notamment, on l’a dit, du Brésil.

L’élevage industriel, c’est d’abord, comme son nom l’indique, considérer l’élevage comme une industrie. Et donc les animaux comme des objets, ou des machines. C’est leur dénier le statut d’êtres vivants. Et tout ce que ça implique – en terme de conditions d’élevage, de nourriture, de transport, de mise à mort mais aussi de reproduction. Il ne faut pas se voiler la face : c’est un véritable système de torture systématique. Les vidéos et articles qui décrivent ce que l’on fait subir aux animaux ne manquent pas sur le Net. Je donnerais un seul exemple avec la volaille :

À leur naissance, les poussins sont entassés dans d’énormes poulaillers sans fenêtre qui peuvent renfermer jusqu’à 40 000 individus ! Imaginez : pas moins de 22 poulets au mètre carré ! Ces pauvres oiseaux souffrent du fait de la surpopulation, et du mode de croissance intensif qu’ils subissent : les pattes fléchissent, se déforment ou se paralysent sous le poids du corps, les poumons et le coeur ne suivent pas non plus, ils peuvent à peine marcher et se déplacent en rampant… Ils vivent couchés dans leurs déjections, qui génèrent brûlures, ulcères et infections. Les membres cassés et couverts d’hématomes, ils arrivent à l’abattoir, où ils sont suspendus la tête en bas à des crochets de fer, puis plongés dans un bain d’eau électrifié, avant d’être conduits (souvent mal étourdis et encore conscients) vers les lames automatiques…

Personnellement, je suis persuadé que si l’on montrait aux gens ce que cela implique en termes de souffrance animale de manger de la viande, ils arrêteraient. Ou au moins, il consommeraient de la viande issue de petites fermes plus respectueuse du bien-être animal. Mais que l’on ne s’illusionne pas : il est impossible de fournir de la viande pour autant de personnes au quotidien seulement avec des petites fermes. Manger de la viande tous les jours, c’est forcément participer à ce système industriel.

Les poissons et les crustacés ne sont pas mieux lotis. Dans les élevages, truites ou saumons sont entassés, gavés de médicaments et d’antibiotiques, nageant dans leurs propres excréments. La pêche au large, réalisée avec d’immenses filets qui raclent le fond des océans, est peut-être encore pire. Ces filets ramènent tout à la surface : pour pécher un poisson, on tue donc beaucoup d’autres animaux et végétaux qui seront rejetés morts à l’eau. Par exemple, les chalutiers qui pêchent les crevettes destinées aux paellas espagnoles reconnaissent qu’elles ne représentent qu’environ 15% de leurs prises. C’est ce qui fait écrire à Safran Foer :

Imaginez que l’on vous serve une assiette de sushis. Si l’on devait y présenter également tous les animaux qui ont été tués pour que vous puissiez les déguster, votre assiette devrait mesure un peu plus d’un mètre cinquante de diamètre.

Pour lutter contre la souffrance animale, les premiers réflexes sont donc d’arréter de manger de la volaille, des poissons et des crustacés. La situation des bœufs est un peu meilleure en France, mais il faut prendre garde à l’origine de la viande. (Et il y a des pièges : l’étiquette « Fabriqué en France » peut être appliquée à de la viande étrangère si elle a été emballée en France, comme pour les jambons Cochonou.) Certains coquillages, comme les moules et les huitres, vivent par contre dans de bonnes conditions et peuvent donc être consommées.

Ces différentes raisons de devenir végétarien peuvent donc produire des comportements opposés : celui touché par l’argument écologique ne mangera plus de viande rouge, alors que celui soucieux de la souffrance animale, au contraire, évitera absolument la viande blanche et les poissons. À chacun sa façon et son rythme de devenir végétarien ! L’important n’est clairement par la recherche d’une « pureté » quasi religieuse, mais bien que la consommation de viande diminue !

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Classé dans Ecologie et copinages

Histoire de l’Aveyron (1)

Bien sur, il est anachronique de parler d’Aveyron dans les millénaires les plus anciens de notre histoire. Mais je voudrais ici proposer une histoire des populations qui ont traversé ou vécu sur le territoire qu’on nomme aujourd’hui Aveyron. Pour cela, je suis obligé d’adopter souvent une perspective plus large (régionale, européenne voire mondiale) pour bien comprendre les mutations locales. Cet article ayant pour but d’être poursuivi et amélioré au fur et à mesure de lectures et découvertes, n’hésitez pas à communiquer toute remarque ou commentaire.

Cliché 2013-06-10 15-13-11
Google Maps, © Google

 

Le temps des chasseurs-cueilleurs (périodes paléolithique et mésolithique)

Chaque spécialiste a sa propre réponse à la question : Quand commence l’humanité ? En fonction de la définition que l’on en donne, on peut faire remonter l’apparition des premiers hominidés à 5, 15 voire 40 millions d’années avant notre ère. Si l’on se concentre sur le genre Homo proprement dit, on situe son apparition il y a un peu plus de 2,5 millions d’années. Le genre Homo, dont nous faisons partie, est à ses débuts foisonnants. Plusieurs espèces différentes d’hommes cohabitent. Une seule a survécu jusqu’à aujourd’hui, les Homo sapiens – c’est-à-dire nous.

Le continent africain est le berceau de toutes ces espèces d’humains. Quelques groupes d’Homo Erectus vont quitter l’Afrique pour explorer le reste du monde. On soupçonne leur présence sur l’actuel territoire français à partir de 1 800 000 ans avant notre ère. Ils vont vivre de chasse, de pêche et de cueillette pendant très longtemps. L’espèce évoluera doucement pour donner, vers – 100 000 ans, les Hommes de Néandertal.

La période dont nous parlons est donc extrêmement longue. Quasiment deux millions d’années ! Soit deux mille milliers, ou vingt-mille siècles ! Une durée si incroyable que nous peinons d’ailleurs à bien l’imaginer. Durant ce laps vertigineux de temps, ces premiers Européens vont connaître quatre périodes de glaciation, entrecoupées par des réchauffements climatiques. Bien sur, ces glaciations et ces réchauffements se font sur la longue durée, et les chasseurs-cueilleurs, sur le temps d’une génération, ne voyaient pas forcément de leur vivant leur environnement changer.

Au plus fort de la glaciation, une épaisse couche de glace recouvrait tout le nord de l’Europe, à peu près jusqu’au niveau de Londres. La France échappe en bonne partie aux glaciers, mais elle se composait alors de paysages qui n’avaient pas grand chose à voir avec ceux que nous connaissons : une sorte de toundra, de la steppe, et des forêts. Le niveau des mers était bien plus bas, et on pouvait traverser la Manche à pieds. L’Aveyron ressemblait alors à l’actuelle Sibérie, peuplée de mammouths, de rennes, d’aurochs, de bouquetins. Les hauts plateaux de l’Aubrac formaient un large glacier.

Au plus chaud, les glaces fondaient, les sols, gorgés d’eau, voyaient naitre une forêt dense. Pour les chasseurs-cueilleurs, la vie dans les périodes chaudes n’était donc pas forcément plus facile que pendant les ères glaciaires : les plus gros animaux avaient fui vers le Nord, et il fallait apprendre à traquer les gibiers restants à travers les arbres.

Les Homo Erectus qui étaient restés en Afrique et au Moyen-Orient ont évolué eux d’une façon différente : ils deviennent les Homo sapiens, c’est-à-dire nos ancêtres directs. Ils arrivent en Europe il y a 40 000 ans, via le Moyen-Orient principalement, et peut-être le détroit de Gibraltar. Peu à peu, ces nouveaux arrivants vont coloniser l’ensemble de l’Europe.

Homo sapiens et Hommes de Néandertal vont cohabiter pendant 10 000 ans. Les Néandertals étaient peu nombreux, avec sans doute une population totale sur l’ensemble de l’Europe de moins de 20 000 individus. Il y avait donc de la place pour les nouveaux venus. On sait pourtant que les deux espèces se sont rencontrés. Elles ont même pu partager à l’occasion des grottes, fait du troc, quelques échanges… et même avoir ensemble quelques enfants (4% de nos gènes seraient d’origine néandertalienne).

Les Hommes de Néandertal vont disparaître assez brutalement. Alors qu’ils étaient présents en Europe depuis 100 000 ans, ayant traversé plusieurs glaciations, leur espèce va mourir en 5000 ans à peine (à l’échelle de l’évolution, c’est très rapide).

La question est : pourquoi ? Il faut bien l’avouer, aujourd’hui encore on ne sait pas trop. Ont-ils fuis devant l’arrivée des Homo Sapiens ? La concurrence pour l’accès aux ressources alimentaires entre les deux espèces a-t-elle joué contre eux ? Est-ce que c’est le dernier réchauffement climatique, bien plus rapide que les précédents, qui a désorganisé leurs groupes ? C’est sans doute un peu de tout ça. En tout cas, on a écarté certaines hypothèses, peu crédibles aujourd’hui : celui d’un génocide des Néandertals par les Sapiens, celui d’une épidémie les tuant tous (on aurait retrouvé des traces de massacre et de maladies si cela avait été le cas), celui d’une fusion génétique entre les deux races (beaucoup trop peu de traces d’échanges dans nos ADN).

Il faut sans doute rassembler différents facteurs pour parvenir le plus proche de la vérité : les modifications du climat et de la faune, l’arrivée des Sapiens, les avancées technologiques plus rapides de ces derniers, la démographie en berne des Hommes de Néandertal… Tout cela va conduire a les faire disparaître. Les Sapiens sont désormais les seuls sur le territoire.

Il y a 12 000 ans (passage au mésolithique) le climat commence à se réchauffer (il se stabilisera, pour devenir celui que l’on connait toujours aujourd’hui, vers – 8250 ans). L’Aveyron devait alors ressembler à une gigantesque forêt majoritairement composée de pins sylvestres et de chênes, parsemée de causses. Il faut imaginer des communautés mobiles de quelques dizaines d’hommes et femmes, vivant dans des tentes l’été et s’abritant dans des grottes l’hiver. On sait aussi qu’ils domestiquaient déjà des chiens.

Hommes de Néandertal comme Sapiens ont été très peu nombreux sur les sites aveyronnais – ou alors ils n’ont pas laissé beaucoup de traces.

Premiers bergers et paysans (période néolithique)

Il y a 11 000 ans une civilisation invente l’agriculture et les premières esquisses de villes au Moyen-Orient. Sous la pression démographique ces précurseurs partent vers l’Europe coloniser de nouveaux territoires. Leur voyage dure plusieurs milliers d’années. Sur leur passage, ils fondent de nombreuses communautés de peuplement et diffusent de révolutionnaires innovations technologiques.

Un premier courant d’hommes et femmes suit le pourtours de la Méditerranée, voyageant sans doute à bord de petits bateaux, et s’installe en Italie, sud de France et Espagne. On les appelle les « Cardiaux » parce qu’ils décorent leurs poteries avec l’impression d’un coquillage nommé cardium. Ils apportent avec eux des animaux et des plantes qui n’existaient pas à l’état sauvage en Europe : des moutons et des chèvres, ainsi que du blé, de l’orge et des lentilles.

L’apport principal de ces Cardiaux dans le Sud de la France est d’avoir introduit la pratique de l’élevage (principalement de moutons). On en retrouve des traces d’abord sur les cotes, puis elle s’enfonce vers les terres. L’élevage fait souche en Aveyron 3500 ans avant J.-C. Ces Cardiaux n’ont vraisemblablement pas submergé les populations autochtones de chasseurs-cueilleurs qui vivaient déjà sur ces territoires. C’est surtout l’idée de l’élevage et de l’agriculture qui a voyagé, et des animaux et des plantes qui ont été échangés. Pourtant, les hommes aussi ont bougé ; et une étude sur des dents humaines du Néolithique ont prouvé que certains habitants de l’Aveyron en 3500 avant notre ère avaient des origines anatoliennes (actuelle Turquie).

Il est probable que les chasseurs-cueilleurs et les nouveaux arrivants se soient mélangés, jusqu’à donner naissance à une société semi sédentaire où on pratique une forme de transhumance. On habite dans des petits villages de plaine pendant l’été, et des abris en hauteur pendant l’hiver. Certaines forêts commencent doucement à être défrichées.

Au nord-est de la France la situation est très différente. Un autre courant arrive du Moyen-Orient en suivant le cours du Danube. Ceux qu’on appelle les « Rubanés » (ils produisent des poteries aux décors en rubans) arrivent en bouleversant complètement le monde des chasseurs-cueilleurs déjà présents, et alors obligés de fuir ou de s’adapter. Les Rubanés sont de véritables agriculteurs. Ils vivent dans de grandes maisons en torchis, au sein de villages rassemblant jusqu’à 200 personnes. Ils défrichent beaucoup de forêts et élèvent des boeufs et des porcs. Il est amusant de constater que dès cette période le Midi et le Nord de la France vont connaître des histoires très différentes.

En Aveyron le défrichement des forêt continue, devant la population qui s’accroit. Peu à peu les communautés se font de plus en plus sédentaires, mais l’élevage restera encore longtemps le fait de groupes semi-nomades. On couvre les causses de dolmens, une pratique rituelle d’abord apparue en Bretagne et qui s’est diffusée jusqu’au Massif Central. C’est également l’apparition des premières inégalités sociales, avec une première hiérarchie entre individus dans les villages, et même des premières guerres entre clans.

C’est cette population qui se maintiendra en Aveyron pendant plusieurs milliers d’années, « jusqu’à la conquête romaine et même au-delà ». En effet, il y aura bien des bouleversements culturels, comme avec l’influence celte, des installations d’aristocraties politiques et militaires, comme avec les Romains ou les Goths, mais il n’y aura plus par la suite d’arrivée importante d’une population.

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Classé dans Régions : histoire & sociologie

OGM ?

On ne devrait pas utiliser l’abréviation OGM pour la bonne raison que ce terme est une invention de Monsanto. En transférant certains gènes d’une espèce à une autre, deux chercheurs inventent en 1973 en Californie ce qu’ils appellent une « chimère fonctionnelle ». Mais l’expression n’est guère séduisante, pas vraiment vendeuse. Les service de relations publiques – de désinformation, donc – de plusieurs grosses entreprises d’agroalimentaires choisissent alors, en accord avec les scientifiques, de parler plutôt d’« organismes génétiquement modifiés ». Terme davantage neutre, qui ne veut peut-être pas dire grand chose mais qui a du coup un sacré avantage : on peut lui faire dire un peu tout ce que l’on veut.

La croyance de l’époque est de dire qu’il suffit de séquencer tous les génomes du monde pour comprendre ce qu’est le vivant. Ainsi en va-t-il de Walter Gilbert, prix Nobel de physiologie et de médecine, qui déclare que maintenant qu’on sait isoler les gènes on va enfin comprendre ce que c’est qu’« être humain ».

On dit : il suffit de transférer des gènes d’une espèce à l’autre pour avoir la fonction correspondante. On voit la vie comme un jeu de mécano géant. On met du vers luisant sur le taureau, de l’insecte dans le maïs. Les plantes produisent désormais elles-mêmes leur propre pesticide, ou deviennent résistantes au plus violent des Round Up. On répète, pour rassurer : la nature manipule plusieurs dizaines de milliers de gènes chaque fois qu’elle fait un croisement, nous n’en manipulons qu’à peine une dizaine ; nous sommes donc beaucoup plus précis, nous faisons les choses de façon beaucoup plus intelligente que cette nature hasardeuse.

Sauf que ces gens-là ne savent absolument pas ce qu’ils font. Ils jouent aux legos, voilà tout.

Lego Farm House

Tentative de tour d’horizon de ce qui est inquiétant/dangereux/dégueulasse
avec les OGM.

1- On ignore leurs effets sur l’organisme à long terme.

Mais on s’en doute quand même un peu. Presque toutes les plantes OGM vendues dans le monde sont « a-pesticides ». C’est-à-dire que soit elles sont capables d’en absorber un sans mourir, soit elles produisent elles-mêmes un insecticide.

Dans ce second cas, le produit fabriqué par la plante a pour but de détruire tous les insectes et les bactéries qui sont susceptibles de s’attaquer à la plante. Vu que chaque cellule de la plante OGM participe à la création de cet insecticide, celui-ci se retrouve bien évidemment dans la chaîne alimentaire. Sauf que : chacun de nous a dans son corps à peu près dix fois plus de bactéries que de cellules. Cela nous fait un nombre vertigineux de compagnons de route ! De ces bactéries, on ne connait honnêtement pas grand chose ; on sait juste qu’elles vivent depuis notre naissance en parfaite symbiose avec nous. Alors quand les « experts » affirment que ces insecticides, fait pour tuer les bactéries dans les champs, n’auront « aucun effet » sur notre fonctionnement organique, il y a lieu de douter. Il a fallu trente ans pour se rendre compte que les pesticides qu’on étendait directement sur les cultures avaient des effets particulièrement dangereux et nocifs. Les insecticides produits par les plantes leur sont semblables. En vérité on ne sait absolument pas ce que ça implique de bouffer OGM.

Dans le premier cas – les plantes qui peuvent absorber du pesticide et survivre – ce sont des plantes qui neutralisent l’action du pesticide. Mais cela veut dire que le pesticide agit quand même normalement, c’est-à-dire qu’il s’infiltre dans la plante, et que là il n’est pas détruit, juste rendu inopérant. Cette fois aussi on le retrouvera dans la chaîne alimentaire.

C’est également ça qui est dingue avec les OGM : ils ont finit par changer le statut des pesticides. On dit que ce sont des produits dangereux et qu’il faudrait éviter d’en répandre sur les champs. On en fait donc des constituants de la chaîne alimentaire, directement implanté dans – voire produit par – ce que tu avales.

2- Là où il y a OGM il n’y a plus que des clones.

Au 19e siècle on parlait de « races » de blé. Le terme était absurde puisqu’il suffit de se pencher pour observer qu’au sein d’une même race tous les individus sont différents et qu’il y a une énorme diversité, malgré un certain nombre de caractères en commun comme la couleur, le port, ou l’allure générale. Petit à petit, on s’est donc mis à parler plutôt de « variété ». Variété = diversité, phénomène normal dans la nature où c’est un processus de sélection qui permet au vivant de survivre, d’évoluer et de se perpétuer.

Problème pour les industriels de l’alimentaire : on ne peut poser de brevet, s’attribuer la paternité de quelque chose qui est en perpétuelle évolution. On a donc pris une variété de blé (ou d’avoine, ou de tomates ou cequevousvoulez) et on y a effectué une légère modification génétique, de façon à pouvoir dire : c’est moi qui ait apporté cette « amélioration », c’est ma propriété. (On parle désormais de « créateur de variété ».) Ensuite le créateur dépose son obtention auprès d’un organisme officiel. Sa variété (notez la mystification complète opéré sur le sens de ce mot, « variété » signifie aujourd’hui une plante dont tous les individus seront identiques) va être copiée et multiplié à un nombre d’exemplaires suffisant pour pouvoir être vendue. Les OGM c’est donc aussi ça : de la production de clones. (Le mot exact utilisé en agriculture est « copie » ; des copies aux clones le chemin est court.)

On applique donc au vivant les principes du monde industriel. On faisait des voitures identiques, des lampes de chevet identiques, on fait désormais des êtres vivants identiques. Avec l’histoire de Dolly, la brebis clonée, on a fait mine de s’indigner : mais ça faisait déjà longtemps qu’on clonait le végétal ! « Ça fait donc deux siècles qu’on est dans une logique d’extension de l’uniformité, de standardisation et de normalisation du monde agricole. Et même si ces gens-là n’ont pas conscience de ce qu’ils réalisent, cela correspond tout simplement à l’application au monde vivant, à l’agriculture en l’occurrence, des principes industriels qui sont en train de bouleverser le paysage social, économique et politique en Angleterre. », dit le chercheur révolté Jean-Pierre Berlan.

Cette logique industrielle s’attaque à tout ce qui n’est pas rentable. Et la nature a quelque chose de particulièrement énervant pour ces capitalistes de l’alimentaire : elle se reproduit et se multiplie gratuitement. Horreur ! Heureusement a été inventée une technique salvatrice pour les profits de ces grandes entreprises, une invention cyniquement appelé « Terminator ». Qu’es aquò ? Il s’agit d’une technique de transgenèse permettant de fabriquer des semences qui donneront des plantes programmées pour tuer leur descendance. On a volontairement inventé le grain stérile. Projet mortifère, vous dites ? Noooooon… Ceci toujours dans l’idée qu’il faut transformer le vivant en propriétés privées. En faire quelque chose de « stable », c’est-à-dire de non-évolutif et qui est incapable de se reproduire.

Il existe la même chose pour les animaux. On a cherché à fixer des « races », en sélection certains caractères et en en écartant d’autres ; et on a rendu les bêtes de plus en plus faibles, stupides, dépendantes de l’humain. Une vraie dégénérescence. C’est ce qu’on mange.

Image tirée du film We feed the world

3- Les agriculteurs sont comme les dépendants aux drogues dures.

L’application des méthodes industrielles en agriculture permet d’obtenir des gains de production et – théoriquement en tout cas – une hausse des profits. On peut donc comprendre que beaucoup d’agriculteurs se soient laissé embarqué dans une telle aventure.

Mais il faut avouer qu’il n’ont aussi pas vraiment eu le choix.

Fin des années 50, apparition des premiers pesticides et insecticides. (Au passage : les pesticides, produits à partir de la synthèse de l’ammoniac, sont d’origine militaire. Ils ne sont au final qu’une sorte de dérivé des premiers gaz de combat.) Avant, les agriculteurs faisaient la chasse aux doryphores un par un dans les champs de pommes de terre. On leur présente un produit-miracle : il suffit de le verser (à l’aide d’un tracteur ou d’un petit avion) sur le champ et tous ces insectes meurent peu de temps après. Sur le coup, personne pour réfléchir aux effets pervers de tels procédés – c’était tellement miraculeux ! Pourtant, un problème advient rapidement : au bout de quelques utilisations de ce pesticide, les insectes commencent à résister et ne meurent plus, ou pas tous. Alors on augmente les doses de produit ; et quand ça ne suffit plus on change de produit. C’est ainsi qu’on est passés des organochlorés aux organosphosphorés, aux pyréthrinoïdes, aux nicotinoïdes…

En 1962, la biologiste Rachel Carson publie le premier livre mettant en garde contre les dangers des pesticides. Depuis les preuves n’ont de cesse de s’accumuler. Pourtant les agriculteurs continuent d’utiliser en masse des pesticides – ou des plantes OGM, ce qui revient au même comme on l’a vu plus haut. Pourquoi ? Parce que les pesticides sont comme des drogues dures : effets d’accoutumance et de dépendance.

Des entreprises comme Monsanto sont à la fois les principaux fournisseurs de produits en -ide (pesticides, insecticides, herbicides… tous ces trucs fait pour tuer) et les principaux fournisseurs de plantes OGM. Leur « coup de génie » (commercialement parlant) a été de créer des semences tolérantes au pesticide breveté Monsanto. On a donc un pesticide qui va tout bousiller, sauf cette semence. L’agriculteur se retrouve donc forcé d’acheter les deux en même temps (semence et pesticide) et Monsanto peut continuer à vendre bien plus longtemps que la durée de son brevet (qui était d’environ vingt ans) puisque les agriculteurs sont devenus totalement dépendants au produit. « Ils sont finalement tellement dépendants qu’ils sont prêts, alors que le système pesticide montre bien qu’il est au bout du rouleau, à accueillir n’importe quelle prétendue innovation du secteur industriel par des cris de soulagement. Ils sont tellement engagés là-dedans… Et même s’ils se sont empoisonnés eux-mêmes avec des pesticides, ils veulent continuer à essayer d’y croire. On leur a toujours promis qu’il n’y avait pas de danger ni d’effet négatif, que le prochain pesticide serait bien meilleur. », toujours dixit l’agitateur Jean-Pierre Berlan.

4- On veut contrôler le vivant, prévoir et gérer sa liberté.

Au delà du débat moral sur le « à t-on le droit de faire de la transgenèse ? », il y a quelque chose de très important et de très politique là-dedans : quelle société on veut ? est-ce qu’on veut vraiment de ce monde où tout est soumis à la logique du profit, même la production de nourriture ? de ce monde où on uniformise tout pour faire plus d’argent, au risque de tuer ce qui fait la force du vivant, qui garantie sa survie : la diversité ? de ce monde où on cherche à tout contrôler, tout prévoir, pour que le vivant puisse être une propriété privée ?

Ainsi les instances étatiques cherchent à contrôler de plus en plus le bétail. « En 2012, la Commission européenne prévoit que ne seront admis à la reproduction que les animaux inscrits sur un rôle spécifique, agréés et dument enregistrés par l’État. » Fichage systématique, contrôle pur et simple du vivant. Soi-disant pour « améliorer la race ».

« L’homme n’est pas une marchandise comme les autres. », avait sorti Nicolas Sarkozy un jour de trop grande sincérité. Pas comme les autres peut-être, mais marchandise quand même. La logique de fichage des animaux est aussi présente chez les humains : nouvelles cartes d’identité, passeports biométriques, puces RFID, possibilité d’être localisés partout et tout le temps grâce à son téléphone mobile, sa carte bleue… Végétale, animale, humaine, ils veulent que la vie soit contrôlée, traçable.

5- Utiles, efficaces les OGM ?

On dit qu’on « améliore » les races de blé ou de bovins en faisant de la transgenèse. Mais « amélioration » par rapport à quoi ? et pour qui ? Avant tout amélioration pour les profits de la douzaine de firmes qui vendent des pesticides dans le monde, pour les laboratoires, pour le système technique.

On sélectionne certains gènes, que des scientifiques payés par les grandes firmes jugent importants, et on en laisse de coté d’autres qui pourraient tout aussi bien se révéler intéressants. La force du vivant, c’est sa capacité jamais épuisée à s’adapter. Une structure génétique fixe comme celle des OGM ne pourra jamais être supérieure dans tous les milieux justement parce qu’elle a cette infirmité : l’incapacité totale d’évoluer, de s’adapter. Elle pourra être très forte dans certains milieux, et très faible ailleurs ; on appelle ça la « norme de réaction ».

Ces « améliorations » n’en sont pas vraiment, d’autant plus que les gènes choisis ne le sont pas par des agriculteurs tous les jours au contact de leur champ de maïs ou de leur troupeau de moutons, mais par des instances scientifiques et étatiques qui, ces dernières années, ont essentiellement fait des conneries dans les domaines de la sélection et de l’élevage. On se retrouve, comme on l’a déjà dit, avec des animaux débiles, faibles, avec des plantes incapables de se reproduire elles-mêmes, qui produisent un insecticide vite obsolète puisque les insectes, eux, savent s’adapter et le font très vite.

En quelque part, c’est logique : ça fait quatre milliards d’années que la nature essaye à peu près tout, essaye, réussit ou fait des erreurs. Quatre milliards d’années de sélection naturelle mais il faut quand même que des industriels jouent les apprentis-sorciers et disent : on sait faire mieux.

Alors même qu’on sait faire autrement, en beaucoup moins ruineux et beaucoup plus écologique on sait déjà obtenir les mêmes résultats ! L’agronomie, par exemple, ou agro-écologie, c’est « l’art de faire faire gratuitement par la nature ce qu’on fait aujourd’hui à coups de moyens industriels ».

Exemple au Kenya où les cultures de maïs se faisaient dévaster par une pyrale (une chenille foreuse). Les insecticides, et les OGM (c’est la même chose), ne marchaient pas très bien tant, en Afrique encore plus qu’ailleurs, les générations d’insectes se renouvelaient très rapidement et devenaient vite résistantes à tous les produits les plus violents. Au bout de plusieurs études, ils se sont rendus compte qu’il suffisait de planter en même temps que le maïs une plante légumineuse nommée desmodium pour que tout s’arrange. Cette plante produit en effet une odeur repoussante pour le papillon de la pyrale qui préfère aller faire son cocon ailleurs. Et il fuit d’autant plus vite que les keynians plantent à proximité des champs de maïs de « l’herbe à éléphants », une plante que le papillon adore, et où il va donc poser ses œufs, mais qui a en plus la particularité de produire une substance visqueuse qui va finir par tuer les chenilles si elles mangent trop.

Les keynians ont donc des champs débarrassés de l’insecte foreur, cela sans utiliser le moindre produit en -ide, et en plus la présence du desmodium dans les champs fonctionne comme une sorte de petite usine d’engrais au pied du maïs, ce qui donne des récoltes plus abondantes. Parfait donc ?! Presque : aucun profit n’est généré pour Monsanto ou un de ses collègues. Et l’État keynian ne touche plus de taxes sur l’importation de pesticides. Le bien-être et la santé des agriculteurs croit mais pas le PIB du pays. Lutte entre la logique industrielle, capitaliste, et celle de la vie.

C’est pour ce genre de raisons qu’il y a plein d’endroits sur la planète où l’on préfère que les gens crèvent de faim, ou bouffent de la merde comme chez nous, plutôt qu’une douzaine d’entreprises arrêtent de faire du profit.

Alors non les OGM, ou plutôt « clones pesticides brevetés » comme il vaudrait mieux les appeler, ne sont pas efficaces : on peut et on sait déjà faire aussi bien, et parfois mieux, en moins couteux économiquement, en moins couteux pour l’environnement, en moins couteux pour notre santé et celle des animaux, en moins couteux pour le bien-être des agriculteurs, en moins couteux pour les paysages.

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