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Histoire de l’Aveyron (1)

Bien sur, il est anachronique de parler d’Aveyron dans les millénaires les plus anciens de notre histoire. Mais je voudrais ici proposer une histoire des populations qui ont traversé ou vécu sur le territoire qu’on nomme aujourd’hui Aveyron. Pour cela, je suis obligé d’adopter souvent une perspective plus large (régionale, européenne voire mondiale) pour bien comprendre les mutations locales. Cet article ayant pour but d’être poursuivi et amélioré au fur et à mesure de lectures et découvertes, n’hésitez pas à communiquer toute remarque ou commentaire.

Cliché 2013-06-10 15-13-11
Google Maps, © Google

 

Le temps des chasseurs-cueilleurs (périodes paléolithique et mésolithique)

Chaque spécialiste a sa propre réponse à la question : Quand commence l’humanité ? En fonction de la définition que l’on en donne, on peut faire remonter l’apparition des premiers hominidés à 5, 15 voire 40 millions d’années avant notre ère. Si l’on se concentre sur le genre Homo proprement dit, on situe son apparition il y a un peu plus de 2,5 millions d’années. Le genre Homo, dont nous faisons partie, est à ses débuts foisonnants. Plusieurs espèces différentes d’hommes cohabitent. Une seule a survécu jusqu’à aujourd’hui, les Homo sapiens – c’est-à-dire nous.

Le continent africain est le berceau de toutes ces espèces d’humains. Quelques groupes d’Homo Erectus vont quitter l’Afrique pour explorer le reste du monde. On soupçonne leur présence sur l’actuel territoire français à partir de 1 800 000 ans avant notre ère. Ils vont vivre de chasse, de pêche et de cueillette pendant très longtemps. L’espèce évoluera doucement pour donner, vers – 100 000 ans, les Hommes de Néandertal.

La période dont nous parlons est donc extrêmement longue. Quasiment deux millions d’années ! Soit deux mille milliers, ou vingt-mille siècles ! Une durée si incroyable que nous peinons d’ailleurs à bien l’imaginer. Durant ce laps vertigineux de temps, ces premiers Européens vont connaître quatre périodes de glaciation, entrecoupées par des réchauffements climatiques. Bien sur, ces glaciations et ces réchauffements se font sur la longue durée, et les chasseurs-cueilleurs, sur le temps d’une génération, ne voyaient pas forcément de leur vivant leur environnement changer.

Au plus fort de la glaciation, une épaisse couche de glace recouvrait tout le nord de l’Europe, à peu près jusqu’au niveau de Londres. La France échappe en bonne partie aux glaciers, mais elle se composait alors de paysages qui n’avaient pas grand chose à voir avec ceux que nous connaissons : une sorte de toundra, de la steppe, et des forêts. Le niveau des mers était bien plus bas, et on pouvait traverser la Manche à pieds. L’Aveyron ressemblait alors à l’actuelle Sibérie, peuplée de mammouths, de rennes, d’aurochs, de bouquetins. Les hauts plateaux de l’Aubrac formaient un large glacier.

Au plus chaud, les glaces fondaient, les sols, gorgés d’eau, voyaient naitre une forêt dense. Pour les chasseurs-cueilleurs, la vie dans les périodes chaudes n’était donc pas forcément plus facile que pendant les ères glaciaires : les plus gros animaux avaient fui vers le Nord, et il fallait apprendre à traquer les gibiers restants à travers les arbres.

Les Homo Erectus qui étaient restés en Afrique et au Moyen-Orient ont évolué eux d’une façon différente : ils deviennent les Homo sapiens, c’est-à-dire nos ancêtres directs. Ils arrivent en Europe il y a 40 000 ans, via le Moyen-Orient principalement, et peut-être le détroit de Gibraltar. Peu à peu, ces nouveaux arrivants vont coloniser l’ensemble de l’Europe.

Homo sapiens et Hommes de Néandertal vont cohabiter pendant 10 000 ans. Les Néandertals étaient peu nombreux, avec sans doute une population totale sur l’ensemble de l’Europe de moins de 20 000 individus. Il y avait donc de la place pour les nouveaux venus. On sait pourtant que les deux espèces se sont rencontrés. Elles ont même pu partager à l’occasion des grottes, fait du troc, quelques échanges… et même avoir ensemble quelques enfants (4% de nos gènes seraient d’origine néandertalienne).

Les Hommes de Néandertal vont disparaître assez brutalement. Alors qu’ils étaient présents en Europe depuis 100 000 ans, ayant traversé plusieurs glaciations, leur espèce va mourir en 5000 ans à peine (à l’échelle de l’évolution, c’est très rapide).

La question est : pourquoi ? Il faut bien l’avouer, aujourd’hui encore on ne sait pas trop. Ont-ils fuis devant l’arrivée des Homo Sapiens ? La concurrence pour l’accès aux ressources alimentaires entre les deux espèces a-t-elle joué contre eux ? Est-ce que c’est le dernier réchauffement climatique, bien plus rapide que les précédents, qui a désorganisé leurs groupes ? C’est sans doute un peu de tout ça. En tout cas, on a écarté certaines hypothèses, peu crédibles aujourd’hui : celui d’un génocide des Néandertals par les Sapiens, celui d’une épidémie les tuant tous (on aurait retrouvé des traces de massacre et de maladies si cela avait été le cas), celui d’une fusion génétique entre les deux races (beaucoup trop peu de traces d’échanges dans nos ADN).

Il faut sans doute rassembler différents facteurs pour parvenir le plus proche de la vérité : les modifications du climat et de la faune, l’arrivée des Sapiens, les avancées technologiques plus rapides de ces derniers, la démographie en berne des Hommes de Néandertal… Tout cela va conduire a les faire disparaître. Les Sapiens sont désormais les seuls sur le territoire.

Il y a 12 000 ans (passage au mésolithique) le climat commence à se réchauffer (il se stabilisera, pour devenir celui que l’on connait toujours aujourd’hui, vers – 8250 ans). L’Aveyron devait alors ressembler à une gigantesque forêt majoritairement composée de pins sylvestres et de chênes, parsemée de causses. Il faut imaginer des communautés mobiles de quelques dizaines d’hommes et femmes, vivant dans des tentes l’été et s’abritant dans des grottes l’hiver. On sait aussi qu’ils domestiquaient déjà des chiens.

Hommes de Néandertal comme Sapiens ont été très peu nombreux sur les sites aveyronnais – ou alors ils n’ont pas laissé beaucoup de traces.

Premiers bergers et paysans (période néolithique)

Il y a 11 000 ans une civilisation invente l’agriculture et les premières esquisses de villes au Moyen-Orient. Sous la pression démographique ces précurseurs partent vers l’Europe coloniser de nouveaux territoires. Leur voyage dure plusieurs milliers d’années. Sur leur passage, ils fondent de nombreuses communautés de peuplement et diffusent de révolutionnaires innovations technologiques.

Un premier courant d’hommes et femmes suit le pourtours de la Méditerranée, voyageant sans doute à bord de petits bateaux, et s’installe en Italie, sud de France et Espagne. On les appelle les « Cardiaux » parce qu’ils décorent leurs poteries avec l’impression d’un coquillage nommé cardium. Ils apportent avec eux des animaux et des plantes qui n’existaient pas à l’état sauvage en Europe : des moutons et des chèvres, ainsi que du blé, de l’orge et des lentilles.

L’apport principal de ces Cardiaux dans le Sud de la France est d’avoir introduit la pratique de l’élevage (principalement de moutons). On en retrouve des traces d’abord sur les cotes, puis elle s’enfonce vers les terres. L’élevage fait souche en Aveyron 3500 ans avant J.-C. Ces Cardiaux n’ont vraisemblablement pas submergé les populations autochtones de chasseurs-cueilleurs qui vivaient déjà sur ces territoires. C’est surtout l’idée de l’élevage et de l’agriculture qui a voyagé, et des animaux et des plantes qui ont été échangés. Pourtant, les hommes aussi ont bougé ; et une étude sur des dents humaines du Néolithique ont prouvé que certains habitants de l’Aveyron en 3500 avant notre ère avaient des origines anatoliennes (actuelle Turquie).

Il est probable que les chasseurs-cueilleurs et les nouveaux arrivants se soient mélangés, jusqu’à donner naissance à une société semi sédentaire où on pratique une forme de transhumance. On habite dans des petits villages de plaine pendant l’été, et des abris en hauteur pendant l’hiver. Certaines forêts commencent doucement à être défrichées.

Au nord-est de la France la situation est très différente. Un autre courant arrive du Moyen-Orient en suivant le cours du Danube. Ceux qu’on appelle les « Rubanés » (ils produisent des poteries aux décors en rubans) arrivent en bouleversant complètement le monde des chasseurs-cueilleurs déjà présents, et alors obligés de fuir ou de s’adapter. Les Rubanés sont de véritables agriculteurs. Ils vivent dans de grandes maisons en torchis, au sein de villages rassemblant jusqu’à 200 personnes. Ils défrichent beaucoup de forêts et élèvent des boeufs et des porcs. Il est amusant de constater que dès cette période le Midi et le Nord de la France vont connaître des histoires très différentes.

En Aveyron le défrichement des forêt continue, devant la population qui s’accroit. Peu à peu les communautés se font de plus en plus sédentaires, mais l’élevage restera encore longtemps le fait de groupes semi-nomades. On couvre les causses de dolmens, une pratique rituelle d’abord apparue en Bretagne et qui s’est diffusée jusqu’au Massif Central. C’est également l’apparition des premières inégalités sociales, avec une première hiérarchie entre individus dans les villages, et même des premières guerres entre clans.

C’est cette population qui se maintiendra en Aveyron pendant plusieurs milliers d’années, « jusqu’à la conquête romaine et même au-delà ». En effet, il y aura bien des bouleversements culturels, comme avec l’influence celte, des installations d’aristocraties politiques et militaires, comme avec les Romains ou les Goths, mais il n’y aura plus par la suite d’arrivée importante d’une population.

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Classé dans Régions : histoire & sociologie

La « normalité » sexuelle à l’épreuve de l’histoire et de la science (Au-delà de la dualité des sexes 3)

(Épisodes précédents : 1. Intersexes, bisounours et charcutiers ; 2. Fixer la frontière)

Partie 3 : La « normalité » sexuelle à l’épreuve de l’histoire et de la science

Prenez 500 hommes considérés comme « normaux » qui se rendent à l’hôpital pour un examen bénin. On profite de leur venue pour réaliser une expérience : à ces hommes persuadés depuis toujours d’être de vrais mâles puisqu’ils ont été déclarés comme tel à la naissance et que jamais dans leur vie un événement ne soit venu perturber cette affirmation première, à ces hommes donc les médecins font passer la batterie de tests qu’on ne réserve habituellement qu’aux enfants nés clairement intersexes. Ces tests, on l’a vu dans l’épisode précédent, touchent quatre domaines : organes génitaux extérieurs, gonades, hormones et chromosomes.

Ça se passe en Allemagne en 1994 (consulter l’étude ici, en anglais) et le résultat est perturbant : 225 d’entre-eux, soit 45% de ces hommes, ne peuvent plus être considérés comme « normaux » selon les critères appliqués aux intersexes. Soit que leur rapport hormones/gonades est ambigu, soit qu’il témoignent d’une hypospadias par exemple.

Tiens, parlons de cette « hypospadias » : c’est un bon moyen de montrer l’absurde des protocoles médicaux. La théorie veut qu’une hypospadias soit une malformation du canal de l’urètre qui fait déboucher celui-ci, non pas au bout précis de la verge comme le veut la « normalité », mais plus ou moins sur la face intérieure du pénis. Pour les médecins, une hypospadias, c’est peu courant mais grave. Ça doit s’opérer. Je ne nie pas que dans certains cas c’est très problématique (problèmes pour uriner, etc.), mais on voit bien avec cette étude que l’idée de « normalité » ou de « nature » avancée par les médecins est à mille lieux de la réalité ! Dorlin le dit mieux que moi :

Les critères socialement définis par les protocoles de réassignement de sexe… sont à ce point drastiques et caricaturaux que, appliqués à l’ensemble de la population, ils jettent dans l’anormalité, non pas naturelle, mais bien sociale, près de la moitié de la population.

Faisons un petit détour par l’histoire des représentations des sexes. La Fabrique du sexe de Thomas Laqueur est ici un bouquin indispensable. L’historien étatsunien nous rappelle qu’avant le 18e siècle en Occident, le modèle de représentation prédominant est celui du sexe unique. On a une vision de l’humanité comme tenant dans un seul sexe, mais avec des différences de gradation : en gros les femmes sont des hommes, mais en moins parfait. Les médecins de la Renaissance insistait donc sur la correspondance entre sexe féminin et masculin, les deux sont pareils mais soit à l’intérieur soit à l’extérieur du corps.

C’est au 18e que ce modèle s’effrite devant les avancées de la rationnalisation médicale. Pour les intersexes, ce changement de paradigme modifie leur condition. Avant on les appelait « hermaphrodites » et on ne les considérait pas comme anormaux. Ils étaient simplement des « en retard ». Dans une optique qui fait du Mâle la même chose que le Femelle mais en plus développé, les hermaphrodites sont simplement des individus qui réalisent de leur vivant le développement de leurs organes sexuels. Certes ce développement aurait du se faire avant la naissance et non pas après, mais l’existence des hermaphrodites ne remet pas en cause le modèle du sexe unique ; au contraire, il tend plutôt à prouver qu’il n’y a pas de différences majeures entre Mâle et Femelle. À partir du 18e, tout change puisque les hermaphrodites/intersexes deviennent des sortes d’erreurs de la nature, des hérésies par rapport au modèle de la dualité des sexes, qu’il s’agit de faire rentrer dans le rang par des techniques chirurgicales appropriées.

Aujourd’hui le débat reste vif sur le modèle à adopter en ce qui concerne les sexes. D’un coté on peut choisir de ne voir qu’un seul sexe, avec des gradations sur un plan horizontal, en abandonnant cette fois l’idée de hiérarchie. De l’autre ont peut complexifier le schéma en essayant d’intégrer toutes les possibilités anatomiques, hormonales, chromosomiques. La biologiste Anne Fausto-Sterling, dans Corps en tous genres, propose par exemple un modèle à cinq sexes.

D’autres travaux, issus de disciplines diverses, viennent secouer le modèle des deux sexes clairement délimités. Commençons par les paléo-anthropologues avec Évelyne Peyre, Christian Picq et Alain Testart. Ces trois-là veulent contester l’idée d’une domination masculine héritée de la nuit des temps. Face au succès des docu-fictions L’Odyssée de l’espèce et Homo Sapiens, ils s’indignent. Pourquoi, dans ces films, voit-on que ce sont des hommes qui sont passés de 4 à 2 pattes, qui ont inventé le feu, qui ont découvert les outils ? Où sont les femmes, pourquoi restent-elles à la fois secondaires et passives ? Au niveau des connaissances scientifiques il n’y a rien, mais alors strictement rien, qui nous laisse penser que la division sexuelle des tâches existait déjà à l’époque préhistorique. Les hommes à la chasse, les femmes à la caverne préparant la tambouille ? Un mythe idéologique. En vrai, on n’en sait rien. En vrai, on n’arrive même pas à savoir si les squelettes que l’on trouve sont ceux d’hommes ou de femmes.

Déterminer le sexe d’un squelette – même contemporain – est un exercice très difficile ; pour identifier le sexe d’un squelette il faut de nombreux critères, rarement réunis dans les restes de nos ancêtres.

Laurence Waki récapitule pour la revue 7évident :

Les traits sexués (des os) présentent une forte variabilité selon les individus au sein d’une même population. Et en plus, le squelette change au cours de notre vie, nous nous masculinisons avec le temps. Même l’histoire de la largeur des hanches pour le squelette féminin est un mensonge : « la largeur des hanches est principalement déterminée par des facteurs culturels et non par des facteurs génétiques ».

Ah bon ? Oui, c’est ce qu’on appelle la plasticité des corps. Ils ne sont pas donnés une fois pour toutes, mais bougent, évoluent, s’adaptent, mutent au cours d’une vie, mais plus encore au cours de l’Histoire. C’est la thèse de Priscille Touraille : alimentation différenciée en fonction des sexes et division sexuelle du travail ont sculpté les corps, de génération en génération, jusqu’à produire aujourd’hui des corps masculins et féminins distincts et facilement reconnaissables. Elle rappelle que les différences de moyenne de taille ou de musculature entre hommes et femmes n’ont pas toujours existé, ou pas de façon si nette, si l’on en croit les études statistiques de taille/poids effectuées dans le passé. Son livre Hommes grands, femmes petites : une évolution couteuse, a le mérite de questionner le rapport nature/culture. Elle montre bien que des données que l’on pense spontanément comme naturelles – la taille des corps, par exemple – ne le sont sans doute pas tant que ça, que poser une frontière nature/culture est peu pertinent, que les interactions entre les deux pôles sont permanentes et que « les comportements genrés contribuent à créer des corps sexuellement différents, souvent à l’encontre des tendances naturelles ».

Impossible de parler de plasticité des corps sans évoquer Catherine Vidal. Cette neurobiologiste s’est posée une question simple : le cerveau a-t-il un sexe ? Après avoir effectué et analysé un grand nombre d’IRM, elle propose un principe fort : non seulement il n’y a pas de différence entre cerveau masculin et féminin, mais en plus il n’y a pas de cerveau « naturel » pur. À la naissance, seules 10% des connexions synaptiques dans le cerveau du bébé sont effectuées. Le reste va se construire peu à peu, et si on ignore jusqu’à quel point l’éducation reçue par l’enfant est déterminante dans cette organisation cérébrale, on sait qu’elle joue un rôle important, et qu’elle conditionne les schémas de pensées. En fait, l’organisation et le fonctionnement du cerveau dépendent de l’organisation et du fonctionnement de la société.

Et cette « plasticité cérébrale » est permanente. Nicolas Delesalle, journaliste à Télérama :

Le cerveau est en perpétuelle réorganisation… Des synapses, ces « boutons » de connexion entre les neurones, se créent, d’autres disparaissent. En fonction des apprentissages et des interactions avec le monde environnant, des parties du réseau sont abandonnées au profit de nouvelles. Cette plasticité synaptique que l’on croyait réservée aux jeunes cerveaux opère dans le cerveau adulte jusqu’à la mort. On a donc en permanence la capacité de réorganiser son réseau pour tracer un chemin privilégié de circulation de l’information. Cela n’a l’air de rien. C’est énorme, notamment parce-que cela invalide les thèses du déterminisme génétique, sexuel, cérébral (femme volubile, homme scientifique). Un trader décide de devenir menuisier ? Les connexions liées à la manipulation des chiffres seront peu à peu abandonnées, tandis que celles liées à la précision manuelle s’enrichiront de nouvelles connexions synaptiques.

En conclusion, posons plusieurs constats.
1) La sexuation humaine est un vaste bazar, assez rétif à tout système de classification. Plusieurs modèles ont pourtant existé en Occident dans l’Histoire, celui de la dualité des sexes n’étant que le plus récent.
2) Les scientifiques connaissent depuis longtemps tous les arguments contre la dualité des sexes. On peut même dire que plus la science se rend compte de la non-validité de la dualité des sexes, et plus la médecine dispose d’outils pour faire correspondre dans les corps cette dualité qui n’est d’abord qu’un point de vue idéologique sur le réel.
3) Il existe un fossé énorme entre connaissances scientifiques et pensée commune sur ces sujets, alors même que le modèle de la dualité des sexes est remis en question depuis de nombreuses décennies. On peut se demander : pourquoi ? À qui profite le crime ? Quand une étude vient conforter les clichés de genre, les médias s’empressent d’en faire un billet, sans vérifier la validité scientifique de ladite étude. Mais, de tels travaux pourtant révolutionnaires pour les consciences, les représentations, les médias ne parlent pas, ou peu, et toujours de façon assez caricaturale. Il y a une résistance forte à la diffusion de ce type de savoirs, pourtant très « objectif », très « scientifique » puisque issu des sciences dites « dures ». Parce qu’ils menacent de faire vaciller le système de domination qui fait primer le masculin sur le féminin ? Le débat est ouvert !

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